Renault, de Next à EZ-GO, 23 ans d’explorations…

La “navette” EZ-GO de Renault qui sera dévoilée à Genève mardi prochain est une lointaine descendante des nombreux projets menés par les différents départements exploratoires de Renault. Elle arrive ainsi sur un salon vingt-trois ans après un prototype discret mais extrêmement intéressant : la Renault Next de 1995. Petit rappel et saut dans le passé pour terminer avec l’embarquement prochain dans EZ-GO…

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Le 18 juin 1995, Renault fait rouler NEXT, un concept-car révolutionnaire. Dessiné en partie par Anne Asensio, cette berline quatre portes compactes (segment C, celui des Mégane d’aujourd’hui) est hybride avec la présence d’un moteur thermique à l’avant et de deux « moteurs-roues » électriques à l’arrière. NEXT est ainsi capable de rouler à 165 km/h sur ses minuscules roulettes. A l’époque, c’est Rémi Deconinck, de la cellule « création de véhicules exploratoires », qui pilote le programme. Deconinck prendra également en charge, plus tard, le programme “produit” du vaisseau amiral VelSatis avec les relations un peu tendues qui en émaneront avec Patrick Le Quément…

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Le moteur est un trois cylindres de 750 cm3, une avancée pour l’époque car si la présence d’un trois cylindres dans une compacte d’aujourd’hui ne surprend plus personne, ce n’était pas le cas au milieu des années 1990. Pour alimenter les deux moteurs électriques intégrés aux roues arrière, 150 kg de batteries sont logés sous le plancher du coffre.

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Avec ses 875 kg seulement, ses 3.4 litres de consommation moyenne, la Renault NEXT permit surtout de comprendre les avancées du pilotage électronique comme le rappelait alors Rémi Deconinck : “Au fur et à mesure de sa réalisation, cette chaîne cinématique particulière dévoilait son potentiel : roulage en tout électrique pendant une vingtaine de kilomètres, démarrage “à la poussette”  du moteur thermique par pilotage de l’embrayage et donc économie de démarreur, effet turbo pour quelques kilomètres autorisant une vitesse maxi de 165 km/h, consommation sur route très compétitive grâce à son tout petit moteur essence et effet ABS et ESP par pilotage des moteurs-roues arrière.” En 1995 lorsqu’est apparue la Renault NEXT, la Régie commercialise tout juste la première génération de Mégane…

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19 ans plus tard, en 2014, nouvelle offensive de Renault dans l’univers de la compacte futuriste (segment B cette fois, celui de la Clio) avec le prototype EOLAB ci-dessus. Je me souviens très bien du premier communiqué de Renault qui était arrivé après le début de l’épidémie d’EBOLA en Afrique de l’ouest en février 2014 et qui fit plus de 11 000 morts… J’avais trouvé le nom EOLAB, anagramme d’EBOLA, un tantinet saugrenu.

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Avec l’EOLAB, Renault démontrait son savoir-faire dans le domaine de la recherche de l’économie de consommation en touchant des domaines connus : allègement, aérodynamique, motorisation. Ainsi, outre sa consommation record de 1L/ 100km, ce prototype intégrait à lui seul près d’une centaine d’avancées technologiques qui pour la plupart se trouvent aujourd’hui sur les Clio ou Mégane.

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La silhouette a été particulièrement travaillée et dispose d’équipements mobiles (flaps latéraux). Pour l’allègement, EOLAB était alors plus légère d’environ 400 kg par rapport à la Clio de l’époque. Elle disposait pour ce faire d’une caisse multi-matériaux combinant acier, aluminium et un toit en magnésium de seulement 4,5 kg ! Techniquement, EOLAB combinait une motorisation essence et un moteur électrique dans un volume compact, une technologie hybride rechargeable qui permettait de rouler en “Zéro Emission” sur une distance de 60 km. EOLAB s’inscrivait dans le projet « véhicule 2l/100 km pour tous avant 2020 » du plan Nouvelle France Industrielle.

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Mais depuis les véhicules hybrides des années 1990 et de ceux extrêmement frugaux, s’est ajoutée une donnée désormais incontournable : celle du véhicule autonome. En 2017, au salon de Francfort, Renault livre avec Symbioz sa vision du “déplacement” automobile dans une société des années 2030. Dans un peu plus de dix seulement… Renault se pose alors les questions ” Quelles seront les attentes de nos clients ? Quels seront les défis environnementaux et urbains à relever ? ” Le concept-car Symbioz a la particularité d’être intégré à un vaste programme qui dépasse le seul produit automobile puisqu’il s’insère dans l’habitat de 2030 également. Symbioz explore surtout les limites de la mobilité autonome avec un véhicule électrique et largement connecté. “Pour Renault, l’automobile du futur, incarnée par ce concept-car sera en harmonie et en interaction continue avec son environnement, avec les infrastructures routières, avec la vie digitale de ses passagers. La lettre « Z » dans de « SYMBIOZ » renvoie à la technologie Z.E. électrique qui propulse ce concept-car.”

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Patrick Lecharpy, directeur design LCI & Synergies Alliance expliquait alors que « Nous avons voulu créer un contraste émotionnel entre un extérieur puissant et dynamique, et un intérieur généreux et spacieux. D’une façon générale, le design extérieur de SYMBIOZ Demo car a été pensé pour valoriser son design intérieur, qui concentre de très nombreuses innovations. Par exemple, dans l’habitacle, nous avons sculpté l’espace par la lumière, qui, d’un rôle purement fonctionnel, devient une matière à part entière. »
Symbioz fait une élégante synthèse des différents prototypes exploratoires conçus chez Renault. Pas étonnant dès lors de retrouver des éléments aérodynamiques qui ne sont pas sans rappeler ceux d’EOLAB. Mais les progrès ont permis d’aller plus loin dans ce sens avec des déflecteurs latéraux pour canaliser les flux d’air au plus près de la carrosserie, un spoiler de toit qui se déploie automatiquement lorsque la voiture atteint les 70 km/h.

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Pour le designer, le challenge de demain sera donc d’intégrer au mieux les différents capteurs, caméras, lasers, etc. nécessaires à la conduite autonome. Ces nouveaux “sens”  de l’automobile nécessitent un lourd appareillage ici camouflé ou au côté technologique mis en avant. “Les capteurs liés à la conduite autonome ont été intégrés subtilement afin de respecter le design extérieur de SYMBIOZ. Les lidars sont cachés dans les projecteurs avant et dans le bouclier arrière, les radars et capteurs ultrason sont placés derrière la carrosserie. La caméra frontale est placée au sommet du pare-brise, la caméra arrière est intégrée dans le losange Renault, les caméras latérales sont, quant à elles, intégrées dans les poignées de porte.”

CARS.LIGNERestait donc une étape à franchir : passer de la voiture autonome individuelle et particulière, au transport “de troupe” ! Voici donc que se profile EZ-GO, vision de la mobilité urbaine sous la forme d’un concept-car révélé en première mondiale au salon de Genève 2018 mardi prochain. Et déjà sur Carscoops (ci-dessus) et à voir ici : https://www.carscoops.com/2018/02/renault-shared-mobility-concept-gets-caught-video/

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