Exclusif : la C6 “VelSatis” de Citroën !

A la fin des années 1990, alors que Renault travaille sur son haut de gamme VelSatis (il arrivera sur le marché en 2001), Citroën prend connaissance du projet et se lance dans l’étude d’une berline statutaire, reposant également sur le concept de la “voiture haute”, afin de contrer son rival. Voici son histoire inédite.

Ci-dessus, nous sommes en 1998 : l’année du centenaire de Renault. Le constructeur dévoile le concept-car VelSatis que l’on doit au designer Florian Thiercelin. Ce coupé racé, moderne et impressionnant d’audace, adopte la nouvelle identité Renault. Patrick le Quément, patron du design industriel Renault, tient à ce que cette identité soit retenue pour le programme de série prévu pour l’an 2000. On voit ce dernier à l’état de maquette en clay (à droite ci-dessus) dès 1998. La direction du produit a bizarrement jeté son dévolu sur un concept de voiture haute.

Ci-dessus, nous sommes en 1999, un an après le début des travaux sur la VelSatis de série. Citroën présente son concept-car C6 Lignage, dessiné par Marc Pinson. C’est une berline basse, héritière de la CX et parfaitement légitime dans la gamme Citroën. Les études pour l’industrialiser sont lancées début 2000. Mais le programme est mis en veille pendant une année, afin de prioriser la future C4.

Ci-dessus, Citroën continue néanmoins le développement industriel de sa berline C6. Mais devant le nouveau concept de “voiture volumique”, le design de la marque aux chevrons se lance dans l’étude d’une berline “haute” dont les proportions diffèrent totalement de celles de la C6 : montants de pare-brise plus verticaux, hauteur en nette hausse, vitrages généreux. C’est une C6 aux gènes de… Renault VelSatis !

Nous sommes en 2001 et Renault poursuit son développement dans le haut de gamme, avec le coupé Avantime et la berline VelSatis (ci-dessus). Son accueil est mitigé, mais la voie suivie permet de ne pas s’attaquer frontalement aux concurrents allemands. Est-ce un complexe de l’industrie automobile française ? Non, plutôt cette fameuse recherche du concept différenciant !

Ci-dessus, dans le même temps, Citroën ne prend visiblement pas la chose à la légère. Une seconde maquette échelle 1/1 de sa berline C6 “haute”, dont la proue adopte l’identité et le style de la berline (basse) C6 en cours d’industrialisation, est fraisée. On aperçoit un vitrage latéral à trois glaces.

Ci-dessus, on voit nettement que la berline basse C6 (ici le concept-car de 1999) et la seconde maquette de la berline “haute” à l’étude, sont concomitantes dans le temps. Leur identité est similaire mais le concept de la voiture “haute” repose sur d’autres proportions, moins légitimes pour une Citroën.

Ci-dessus, voici la Renault VelSatis que Patrick le Quément aurait aimé pousser plus loin : une berline basse, à l’opposé de la VelSatis, au concept de berline haute. Cette maquette ne fut pas retenue. De son côté, Citroën abandonne le projet de sa C6 berline “haute”, au moment où est commercialisée la C6 que l’on connait.

Mais pour ces deux représentantes du prestige à la française, ni le concept de berline haute (VelSatis), ni celui de berline basse (C6) n’ont rencontré le succès : 23.284 Citroën C6 produites, 62.201 Renault VelSatis fabriquées. Pour mémoire, la Citroën XM s’est écoulée à 333.405 exemplaires et la Safrane, à 310.000… Fin de l’histoire !

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est LOGOArchives_BD-1024x367.jpg.

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