Petits secrets sur les DS4 et DS5 qui vont disparaître en mai

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Il existe des snowboards DS, des lunettes DS, des ceintures de pantalon DS, des bagages DS, des bijoux DS, des coques de téléphones DS mais finalement, il existe assez peu d’automobiles DS. Surtout depuis la fin programmée (en mai prochain) de la production de deux des trois silhouettes de la première ligne DS, à l’époque intégrée à la marque Citroën : la DS4 et la DS5.
C’est une période de transition qui s’ouvre. La fameuse période de transition qui, selon le dictionnaire est un « état, un degré intermédiaire, un passage progressif entre deux états, deux situations ». Deux situations ? Oui, deux “états” :

– celui d’aujourd’hui qui a voulu que le lancement d’une nouvelle marque automobile en France (DS) ne s’appuie en 2014 sur aucun lancement de nouveau modèle, incohérent…
– et celui d’une future gamme qui prendra réellement corps avec l’arrivée de la DS3 Crossback en fin d’année.
Ma grand-mère aurait dit “ils ont mis la charrue avant les bœufs. “

Les DS4 et DS5 vont donc disparaître, sans avoir vraiment connu la gloire. J’ai quelques souvenirs atterrés de la genèse de la DS5 pour l’avoir vécu (un peu…) de l’intérieur. Lorsque, chaque lundi de pratiquement chaque semaine, Vincent Besson alors patron du produit Peugeot et Citroën montait au créneau (et à l’étage de la direction) pour sauver ce projet « B81 » tué chaque lundi par le service des « volumes ». Un service qui pataugeait un peu devant cet OVNI sans concurrence, sans « boîte » où le ranger.
Ce programme n’était alors pour eux qu’une simple ligne sur un tableau Excel… Alors que dans l’entreprise, une poignée d’irréductibles croyaient en lui. La DS5 est morte dix fois avant de voir le jour.

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Le photographe Laurent Nivalle impose en majesté la DS5 aux côtés d’une autre icône française, le Concorde…

Dès le départ, ce modèle extrapolé du concept-car C-SportLounge dessiné par Frédéric Soubirou en 2005 (ci-dessous), a dû changer de plateforme et basculer de la grande plateforme à suspension hydropneumatique à celle, plus modeste, des C4/308. Pourtant, l’éphémère patron Christian Streiff voulait faire de la lignée DS une offre encore plus ciblée “premium” qu’elle ne l’a été. Et offrir davantage d’équimements de luxe. Christian Streiff a beau avoir eu le nez fin quant à l’explosion du marché du “premium”, les modèles qu’il a lancés sont morts aujourd’hui (DS4, DS5 mais aussi Peugeot RCZ)…

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Le dessin signé Frédéric Soubirou du concept-car Citroën C-SportLounge en 2005. C’est lui qui fut à l’origine de celle qui allait devenir la DS5 six ans plus tard…

Mais ce que l’on sait moins, c’est que la DS5 a été envisagée lors de sa gestation pour remplacer directement la C5 chez Citroën. Elle aurait pu devenir le haut de gamme de la marque Citroën. Passer de la C5 à la DS5 imposait de prendre le risque de sauter une génération pour faire de ce produit en 2011 le porte-drapeau français. Mais la C5 survécut à la DS5 dans le plan produit car son développement était avancé, sa sortie programmée en 2008 alors que la DS5 ne pouvait arriver qu’en 2011…
En réalité, ni la C5, ni la DS5 auront résisté aux bouleversements nés de la création de la marque DS et de la crise de 2011 chez PSA. La C5 est morte l’année dernière, la DS5 le sera en mai…

Quant à la DS4, je me souviens également d’un jugement d’un designer proche du projet qui m’avait confié que le concept était “un concept d’avenir” car il se rapprochait de celui d’une BMW X6 (la BMW X4 n’existait pas à l’époque) : celui d’un SUV Coupé dynamique. D’où cette garde au sol surélevée de la DS4 qui n’était pas assumée, à tel point qu’une version Crossback (re)rehaussée fut commercialisée plus tard (ci-dessous).

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La DS4 a été dévoilée sous forme de concept High Rider en version “coupé” deux portes (ci-dessous) mais est arrivée en berline-coupé 4 portes, dont deux à l’arrière sans vitre descendante et une pointe de porte arrière embarquée lors de l’ouverture, et très encombrante, voire dangereuse ! Tout ça pour ne pas “casser” les codes de style du coupé. Finalement, un coupé 2 portes DS comme le High Rider n’aurait-il pas eu plus de chance ? La DS4 met en évidence la difficulté de mixer les concepts, comme le SUV, la berline et le coupé.
N’oublions pas non plus le projet d’un break C4 qui devait être dérivé de la berline DS4 et qui fut, lui aussi, abandonné…

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La DS4 aura même droit à sa version DS4R sportive abaissée (c’est un comble) qui restera à l’état de prototype (ci-dessous en gris). La DS4 brouillera même un peu les pistes en Chine où la version DS4S sera en fait une Peugeot 308 revêtue d’une partie du costume de la DS4 (ci-dessous en rouge). Quelle drôle de -courte- vie.

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Bref, les DS4 et DS5 vont disparaître laissant la gamme DS appauvrie. Il va falloir tenir jusqu’à l’arrivée de la DS3 Crossback en fin d’année qui devrait à elle seule –comme le fit la DS3 en son temps- assurer le volume des ventes de la marque, notamment en Europe, car la DS7 Crossback ne peut seule atteindre cet objectif.
DS4 et DS5 à la morgue ? Qu’importe, Eric Apode, vice-président produit et développement DS, et Alfonso Márquez de la Plata, directeur général du Groupe DERCO, ont inauguré le mercredi 14 mars dernier, devant un parterre de personnalités, journalistes et clients potentiels, le DS STORE de Bogotá. Pour vendre quoi ? Des DS 7 Crossback bien sûr.

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