Quand Renault imaginait une Twingo SUV !

ULM : c’est ainsi que le cahier des charges définit cette petite voiture extra-urbaine et ultra économique. En ce début des années 1990, il n’y a pas que la Twingo qui chauffe les méninges des créatifs de Renault !

Le cahier des charges de cette petite Renault tient sur un seul feuillet A4, signé de la Direction du Produit. On lit que ce projet W78 doit permettre à Renault de « disposer dans la gamme, d’un véhicule économique et léger, en 4×2 pour les utilisations extra-urbaines et tout-chemin avec une option 4×4 pour les utilisations en conditions de faible adhérence (montagne). » En découvrant les photos de la maquette échelle 1/1 publiées dans ces pages, on pense immédiatement à une petite Jeep. Mieux, à une Jeep-Twingo !

Sauf que le projet n’a pas grand-chose en commun avec la géniale Renault présentée en 1992, commercialisée en 1993. A part peut-être cette lointaine filiation avec la R4 . La philosophie de l’ULM W78, selon le cahier des charges, est effectivement « d’être une synthèse moderne des prestations rurales de la Renault 4 et de ce qu’aurait dû être la Méhari. »

CE SUJET EST EXTRAIT DU LIVRE CONCEPT-CARS RENAULT (ci-dessus). DÉCOUVREZ D’AUTRES CONCEPTS INÉDITS DANS LES 356 PAGES DE CET OUVRAGE ICI: https://www.bjbeditions.com/products/concept-cars-et-prototypes-d-etudes-renault

Il n’est pas interdit de donner quelques coups de griffes à son concurrent ! Si l’on doit se référer à la Renault 4, alors choisissons plutôt la variante « Plein air » qui fut dévoilée en mai 1968, un jour seulement avant la… Citroën Méhari.

Le projet W78 est effectivement un véhicule ultra léger motorisé « des champs, de la montagne et des bords de mer » précise le cahier des charges qui indique également qu’il est entièrement découvrable et à usage local ou régional. « Les objectifs d’autonomie, d’acoustique et de confort sont donc en rapport » conclut le document, ce qui en dit long sur le travail effectué sur ces prestations ! Nous avons quand même déniché un point commun avec la Twingo : l’ULM W78 ne dispose que d’une seule motorisation, de 60 ch.

Avec si peu de prestations de confort ou d’équipement – un seul niveau – la Renault W78 ne pèse que 700 kg dans sa version de base deux places et deux roues motrices. C’est très compétitif au vu du gabarit de l’engin qui mesure 3,50 m pour une largeur de seulement 1,60 m. C’est sous la direction de Yves Legal que ce projet débute en 1993. De juillet à octobre de cette année, le bureau d’études imagine un démonstrateur avec sa mécanique et l’implantation carrosserie. Une carrosserie plutôt légère, dessinée par Anne Asensio.

Le gel du style est programmé pour mars 1994, alors que la commercialisation est envisagée fin 1996. Mais le projet est stoppé après le gel du style. C’en est donc fini de ce programme qui, malgré la cession des parts d’American Motors et de sa division Jeep à Chrysler en 1987 sous le règne de Raymond Lévy, avait un petit goût américain. Fini ? Pas vraiment, puisqu’aux début des années 2000, un projet de petit baroudeur refait surface avec une contrainte : récupérer les portes de la Twingo. Après de nombreuses maquettes échelle 1/5e signées Axel Breun, Renault met fin définitivement au projet. L’ULM ne volera pas…

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est LOGOArchives_BD-1024x367.jpg.

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