MONDIAL : 7 détails. Et le diable qui s’y niche !

Les visiteurs habitués au Mondial de l’automobile découvriront un salon qui s’est profondément transformé.
L’absence de nombreux constructeurs a permis d’octroyer plus de place à certains (le stand Alpine vaut le coup d’œil…)
mais aussi à d’autres, comme Suzuki qui s’offre un bel écrin pour présenter en France son Jimny, petit coup de cœur de la rédaction de LIGNES/auto !

Le salon ne vous montrera donc pas toutes les nouveautés 2018-2019, pas plus qu’il ne vous dévoilera tous les concept-cars : Opel étant absent, nous ne verrons pas à Paris le petit concept dévoilé en septembre, pas plus que nous pourrons toucher le concept-car BMW iNEXT (ci-dessous) , autre grand absent…

Les journalistes, designers, patrons et autres visiteurs invités lors de ces deux premières journées professionnelles avant l’ouverture de demain (jeudi 4 octobre) se seront quand même bien gavés d’automobiles, de bagnoles et d’objet lisses comme des suppositoires, représentatifs nous dit-on de la navette connectée et autonome de demain.

Parfois, le diable ou le merveilleux se niche dans les détails.
En voici 7 sélectionnés de manière totalement subjective…

 

1- Mon truc en plume

Le concept-car DSX E-TENSE dérangeant par son asymétrie mais courageux par son audace qui nous plonge bien au delà des années 2020, révèle une surprise parmi d’autres : l’espace situé derrière le passager sous sa bulle est façonné de plumes.
“Le passager s’installe dans une enveloppe sensuelle, au cœur d’un siège étendu en aile d’oiseau, ventilé et massant, avec une étole en plume sur la partie supérieure (photo ci-dessous).
Cuir, tissu, velours, marbre, bois, titane, pierre… Il manquait donc des plumes dans le catalogue de plus en plus épais des designers “couleurs et matières”. C’est fait désormais !

 

2- La surprise de Linda

Linda Jackson, patronne de la marque Citroën, a eu fort à faire avant le Mondial : trouver un remplaçant à Alexandre Malval qui dirigeait le style de la marque.
C’est donc le belge Pierre Leclercq qui prendra ses fonctions ces jours-ci.
Et l’homme trouvera derrière les cloisons de son bureau deux concept-cars à priori finalisés. Le veinard !
C’est Linda qui a ouvert sa boîte à photos. Presque vide. Mais on se contentera de ces deux détails.
Ecoutons Citroën pas vraiment bavard sur ces deux objets du centenaire :
“le premier d’entre eux, révélé au Salon de Genève en mars 2019, donnera la vision de la Marque en matière de mobilité urbaine…”

Ci-dessus, donc, la poignée pour accéder à la mobilité de demain. Sachant que Citroën ne peut plus s’inspirer de la DS ni même de la SM (qui, on en convient, ne sont pas des modèles de mobilité urbaine), espérons que la 2CV a été prise en référence…
Ce concept-car pourra être comparé à ce que la marque imaginait sur le même thème en l’an 2000, près de vingt ans auparavant, avec l’Osmose (ci-dessous).
C’était le premier concept-car de l’ère de Jean-Pierre Ploué.

 

3 – Linda est décidément très généreuse !

Et donc, le second concept-car prévu pour avril 2019 révèle lui aussi un détail :
“…tandis que le second, présenté au Salon de Shanghai 2019 un mois plus tard, en avril, incarnera l’ultra-confort selon Citroën” nous dit le constructeur.
Mais l’ultra confort, c’était la DS !! C’est ballot…

Il n’empêche, je ne sais pas trop quelle partie de la voiture a été prise en photo (ci-dessous) mais  j’y vois une notion poussée de l’aérodynamique (ne nous emballons pas, Citroën a naguère toujours misé sur l’aéro pour compenser ses piètres motorisations. Un temps révolu pour ce qui est des motorisations…).
Mais j’y vois aussi, sans doute à cause d’une obsession qui me hante depuis 1974, une forme de “lunule”, même si ce détail d’ailerons (?) ne semble pas être à bord, au niveau du poste de pilotage…

 

 

4- Mon caddie de course…

Aux côtés du nouveau SUV Audi e-tron trônait le concept-car PB18 e-tron : PB, c’est pour Peeble Beach où il a été dévoilé en août.
Ce coupé électrique (ci-dessus) a la particularité d’être doté d’un cockpit (siège et instrumentation) coulissant de sa position gauche – conduite sur route – à une position au centre de l’habitacle pour piloter comme sur un circuit.
Mais c’est bien sûr la “valise” du pilote imaginée en dessin par les designers (ci-dessous) qui a attiré ma curiosité et ça change des valises tout cuir des Rolls-Royce !

 

5- Les Adidas de Laurens

 

La genèse du troisième épisode de la trilogie EZ chez Renault a vu le jour au Mondial sous les formes de EZ-Ultimo (voir post précédent) qui clôt ainsi la vision de la mobilité de demain vue par les équipes de Renault et notamment des designers emmenés par Laurens van Den Acker.
Ce dernier se balade toujours en baskets, mais pas celles des ados, plutôt des versions “personnalisées” comme celles (ci-dessous) qu’il portait ce mercredi 3 octobre, brodées au nom de son dernier bébé !

 

6 – Quand BMW se fait DES lignes !

J’adore la Série 3 telle qu’elle a été révélée en première mondiale au… Mondial.
Elle est dans son segment ce que la Golf est dans le sien : un objet qui fiche les jetons aux designers car il ne faut rien casser des fondamentaux !
Subtiles évolutions sur des décennies pour pérenniser au delà des espérances : c’est ce qui a donné naissance à la BMW Série3 d’aujourd’hui.
Seulement voilà, comme il est interdit de casser les codes typés “Série3”, la nouvelle se charge de lignes qui semblent parfois apparaître sans raison.
Comme ci-dessous les deux lignes presque parallèles, dont la supérieure prend naissance sur la porte avant et meurt après la trappe de carburant.

Tout ça me fait penser à la dernière génération de VW Polo qui fait encore mieux avec trois lignes superposées sur ses flancs !
J’ai un profond respect pour un designer que vous connaissez tous : Peter Schreyer (aujourd’hui à la tête du design du groupe Hyundai-Kia) qui, lorsqu’il était chez Audi, arrêtait ses projets lorsqu’il ne pouvait plus rien retirer. C’était la belle époque des Audi lisses et pures. “Je vous parle d’un. temps…”

 

7 – Un panonceau qui ramène en 1980…

Le groupe vietnamien VinFast veut devenir le premier grand constructeur d’automobiles vietnamien, louables ambitions et volonté de fer. Leur partenariat avec les géants du style italien (Pininfarina et Giugiaro) a conduit à présenter deux premiers modèles dessinés par le bureau de design Pininfarina : une berline tri corps élancée et un SUV.
Le stand parisien était assez vaste pour accueillir les deux nouveaux modèles.
Mais hasard des implantations sur ce Mondial, le stand VinFast était à côté de celui de Ferrari et en prenant ma photo, j’ai aperçu le “totem” de la marque italienne en arrière plan.
Comme un flash, devant cette berline quatre portes Pininfarina avec ce sigle Ferrari, je n’ai pu m’empêcher de songer au concept-car Pinin (ci-dessous) de 1980.
Une berline 4 portes, Enzo Ferrari n’en a jamais voulue.
J’espère que de là où il regarde le monde, il n’est pas encore au courant que Ferrari va emprunter la voie suivie par tous les constructeurs : celle des SUV…

 

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *