C’est Halloween : fêtons les 40 ans de la Citroën Visa !

Du monde pour célébrer les 100 ans de la marque Citroën, il y en a !
De même, il y en a eu tout autant pour fêter les 70 ans de la 2CV et les 50 ans de la Mehari…


Mais pour les 40 ans de la Visa (ci-dessus), il n’y a plus personne.
Prenant son courage à deux mains, LIGNES/auto s’y colle !

C’est Halloween ce soir, je me suis dit que trouver un sujet qui fasse un peu peur n’était pas forcément évident.
Alors j’ai plongé dans mes souvenirs d’ado et une auto a surgi de mon esprit : celle qui m’avait emmené dans un petit ‘groin’ de paradis.
Le monde entier ce demandait ce que c’était. La campagne de pub ci-dessous avait cru bon de l’informer que “ça c’est une auto”.

Oui, c’est bien une bagnole, l’une de celles qui a compté plus qu’il n’y paraît pour le groupe PSA.
Lorsqu’elle débarque en 1978, deux ans après que le groupe Peugeot-Citroën est devenu le groupe PSA, la Visa (ci-dessous) peut se targuer d’être le premier enfant de cette matrice, car avant elle la Citroën LN n’était qu’une Peugeot 104 Coupé mue par le bicylindre de la 2CV.

 

Mais la Visa vient de loin, de très loin même.
Bien avant que Peugeot ne s’intéresse à la reprise de Citroën, ce dernier s’intéressait à… Fiat.
A moins que ce ne soit l’inverse : Fiat et Agnelli signèrent en octobre 1968 un accord de partenariat technique avec Citroën.
Cet accord va permettre au constructeur français d’étudier une petite urbaine quatre portes sur la base de la Fiat 127.
C’est le projet “Y2” dont voici le profil (ci-dessous) d’une maquette qui repose sur un empattement minuscule et offre donc une masse assez déséquilibrée.
Mais elle dispose bien de quatre portes.

L’accord Fiat-Citroën ne tient pas longtemps puisqu’en 1973, Giovanni Agnelli qui avait de grandes ambitions (notamment celle de devenir majoritaire chez Citroën !) jette l’éponge et, une année plus tard, Citroën est en faillite !
C’est à ce moment que l’Etat fait pression pour que Peugeot succède à Michelin et prenne possession de la firme au double chevron.

Dans le bureau de style, cela fait belle lurette que les stylistes ont abandonné la plateforme Fiat pour une plateforme Citroën.
Le projet “Y2” a du coup bien meilleure allure (ci-dessous) avec des porte-à-faux typés Citroën.
On remarque aussi une vitre arrière descendant jusqu’aux feux, rappelant ainsi la capote de la 2CV des premières heures !
Nous sommes en 1972, six ans avant l’arrivée de la Visa définitive…

Après le changement de la plateforme Fiat vers celle de Citroën, le projet de la future Visa va être une nouvelle fois bousculé.
Exit le soubassement de la Fiat 127 et celui de Citroën. Le projet “Y2” se transforme en programme “VD” (ci-dessous) et doit reposer sur la plateforme de la Peugeot 104.
Ce projet “VD” n’occulte pas pour autant les travaux d’une petite voiture reposant sur la plateforme Citroën qui est étudiée en parallèle et deviendra l’Axel.

Pressé de toutes parts par une direction qui tient absolument à résister à la concurrence sur le marché des Renault 5 et Peugeot 104, le projet “VD” va être amputé de certaines phases de tests.
Au style Citroën, on se plaint d’avoir eu à adapter rapidement (trop rapidement) une étude de style équilibrée sur la plateforme de la Peugeot.
La Visa prend pourtant forme et le styliste/sculpteur Jean Giret propose une face avant très sobre avec une calandre joliment intégrée au bouclier avant (ci-dessous).
C’est nouveau et bien fait. Notons aussi la présence d’un seul essuie-glace comme sur la CX qui est alors dans les tuyaux d’une commercialisation proche…

Mais à l’époque, tout le monde a son mot à dire.
Peugeot surtout ! Les équipes qui défilent dans le studio de style ont de quoi faire perdre la tête aux designers en place.
Le styliste Jean Giret me raconta en 1993 que chacun y allait de sa correction de style sur la maquette (ci-dessous) et c’est ainsi qu’un groin pas très esthétique vint dénaturer la belle face avant dessinée par Giret…

Le thème du style fut donc gelé dans des conditions particulières. Mais le style Citroën avait deux autres atouts dans ses cartons: un break qui ne vit jamais le jour et surtout une fourgonnette sans décrochement entre la cellule habitacle et la partie de chargement (ci-dessous). C’était un peu le “Ludospace” avant l’heure.

La Visa a été commercialisée en 1978 et sa carrière fut sauvée par Yves Dubernard qui dessina à peu de frais chez Heuliez un restylage intelligent. Ainsi, la Visa fut produite à plus de 1 254 000 exemplaires. Sous toutes les formes, avec de multiples motorisations (diesel et GTI !) et fut même vampirisée par Lotus ! En fait, il s’agissait en 1982 d’habiller une Lotus Esprit d’une caisse ressemblant à celle de la Citroën. Elle développait 210 ch !

Voilà, j’espère que ce ‘post’ ne vous aura pas trop fait peur !

 

 

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