Ferrari – Pininfarina, lointain souvenir ?

Ferrari a dévoilé en petit comité deux versions de sa nouvelle “offre” Ferrari Icona qui veut réinterpréter les icônes de la marque.
On doit leur design au bureau interne à la maison Ferrari et non pas à Pininfarina.


La Ferrari Monza SP1 monoplace premier modèle de la nouvelle ligne “Icona”…

Cette procédure dans l’étude des nouveaux produits Ferrari n’est pas nouvelle en soi puisque même la supercar LaFerrari est sortie tout droit de la maison mère et non pas de la carrozzeria italienne. Notons d’ailleurs que la LaFerrari sera renouvelée d’ici 2022.


La variante à deux places s’appelle naturellement SP2 !

Voici l’occasion d’évoquer la rencontre “impossible” entre le Commandatore Enzo Ferrari et le maître Battista Farina au début des années 1950. Une rencontre racontée par Battista lui-même dans ses mémoires et confirmée par son fils Sergio que j’avais interviewé pour le compte de l’auto-journal :
« Nous étions en 1951 et Ferrari, par l’intermédiaire du fidèle Carraroli, me fit savoir qu’il souhaitait s’entretenir avec moi à Modène » raconte Battista Farina dans ses mémoires (*). « Je n’hésitai pas une seconde et répondis : « je suis tout à fait disposé à le rencontrer, mais je préfèrerais qu’il vienne lui d’abord à Turin. En effet, je n’aurais pas été mécontent qu’il donnât un coup d’œil à mon usine. On m’informa que Ferrari ne quittait presque jamais Maranello et qu’il ne viendrait donc pas, ce qu’il regrettait car il s’agissait d’une proposition importante. Nous parvînmes à une solution équitable : nous nous rencontrerions sur un terrain neutre. »

Écoutons maintenant l’histoire de cette rencontre impossible racontée par le fils de Battista Pininfarina, Sergio, présent lors ce moment si précieux…  « J’ai effectivement participé à cette rencontre, j’avais tout juste 24 ans et beaucoup d’amis dans le monde de la compétition. C’est grâce à un pilote Maserati que j’ai pu organiser cette mission dans un restaurant de Tortona. La délégation de Pininfarina était représentée par mon père et moi-même ! Celle de Ferrari comptait Enzo Ferrari et monsieur Gardini. C’était un homme petit qui parlait avec une voix très basse. Je me souviens qu’il était très dévoué à monsieur Ferrari et avait dû remettre à une ou deux fois son mariage car il avait des engagements avec Ferrari ! Vous savez, on ne se mariait que le dimanche chez Ferrari… Et encore ! » L’attente de cette rencontre avait tellement duré que l’entente fut immédiate. Battista Farina repartit ce jour-là avec le projet de la Ferrari 212 Inter.”

Aujourd’hui, toutes les Ferrari ne passent donc plus forcément par le bureau de design Pininfarina comme naguère car Ferrari dispose désormais de son propre bureau de design.
Et demain ?
Ferrari a annoncé hier vouloir lancer 15 nouveaux produits d’ici à 2022 et qu’à cette date, 60% de la production sera dotée de motorisations hybrides.
La gamme de demain s’articulera autour de quatre familles:
-la ligne des modèles “Sport” qui représentera 50% du volume de production,
-la ligne des “GT” qui s’inspirera du design des Ferrari des années 1950/1960 et représentera 40% du volume de production,
-la ligne Série Spéciale (5% de la production)
-la ligne “Icona” à hauteur de 5% également.

Le nouveau patron de la marque, Louis Carey Camilleri, a surtout annoncé la production d’un “SUV” (en fait un coupé relativement habitable rehaussé à quatre roues motrices) pour 2022 qui prendra l’appellation de “Purosangue”.
C’en est donc définitivement fini de l’hypothétique berline 4 portes dont ne voulait pas Sergio Marchionne et que même Lamborghini a pour l’heure suspendue. Place aux SUV qui semblent ne déranger que les puristes. Dommage, la proposition de Pininfarina d’une berline 4 portes, la Pinin de 1980, reste encore sublime.

Dessin de la Ferrari Pinin de Pininfarina (ci-dessous) du studio de Christian Polo :

(*) Pininfarina. Né avec l’automobile. Editions Automobilia.

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