L’inspiratrice de e-LEGEND : retour sur la 504


504, 505, 506 (ah non, pas de 506…) 507 (ah non, pas de 507 non plus…) 508 première génération et donc, aujourd’hui, la seconde.
Alors que cette nouvelle venue débarque sur le marché, retour sur la 504 qui célèbre donc cette année ses cinquante ans et qui a légitimement tracé la route – ou les traits – du concept-car Peugeot 2018 : le e-LEGEND.

La 504 née en 1968 – et le coupé un an plus tard – a été fêtée à l’occasion du salon Rétromobile en février dernier par Peugeot qui rappelait à cette occasion que “la 504 fut produite jusqu’à l’aube de l’an 2000 à près de 3 700 000 exemplaires, son excellent comportement routier est à l’origine de la réputation de la marque au lion pour son plaisir de conduire. Elue voiture de l’année en 1969”.

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Mais qui a dessiné la 504 berline ? On doit son design à une hybridation entre les propositions de Peugeot et de Pininfarina. Le cabriolet et le coupé ont tous deux été dessinés par la carrozzeria Pininfarina.
Comment ne pas évoquer le très fameux regard de la berline 504, un regard qui était très innovant en cette fin des années 1960 où les optiques “en forme” n’étaient pas légions.

Comme tout le monde le sait, le dessin de ces optiques avant est issu d’une maquette du duo Paul Bouvot, patron du style Peugeot et de son second, Gérard Welter. Dans l’ouvrage qui lui est consacré, Gérard Welter explique bien que les hommes de Pininfarina sont partis sous le bras avec leur maquette et les photos de la maquette Bouvot/Welter afin de réaliser un mixte des deux propositions à la demande de la direction de Peugeot. A Peugeot donc l’origine de la proue de la 504, à Pininfarina l’origine de la malle arrière au “pan cassé”.

On devine ci-dessous que Paul Bouvot a inventé le regard biseauté des Peugeot contemporaines et voulait une calandre extrêmement réduite et compacte.
Pininfarina de son côté a inventé cette ligne de malle cassée qui caractérisera la 504 à sa sortie, en 1968.504_3photos

Cette brillante 504 arrive donc sur le marché français en 1968 face à une concurrence bien renouvelée. Renault vit une belle romance depuis trois ans entre les français et son originale R16, traction avant dotée d’une cinquième porte qui fera date, alors que Citroën a porté à maturité sa DS qui, dans les coulisses, est déjà considérée comme retraitée. Les restylages pour cette dernière n’ont pas manqué d’occuper le centre de style Citroën de la Rue du Théâtre comme on peut le voir ci-dessous :

La 504 demeure une propulsion face aux deux “traction” françaises mais elle offre quand même quatre roues indépendantes, même si en 1973, l’essieu arrière rigide revient en douce sur la version de base 504 L !
La Peugeot offrit surtout un nombre de silhouettes tout à fait respectable pour l’époque : berline, coupé, cabriolet, break…

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Les années 1970 qui suivirent étaient bien différentes de celles que l’on connaît aujourd’hui. Le marketing n’était pas vent debout devant des propositions de silhouettes bien utiles pour marquer sa présence sur certains marchés, africains notamment.
La 504 Pick-up nait ainsi en septembre 1979, alors que la 505 venait d’entrer en scène (ci-dessous) avec une fois encore le duel entre la proposition de Peugeot au premier plan et celle de l’Italien au second.
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Les équipes Peugeot et Pininfarina face à leur proposition de maquettes pour la 505 : la Pininfarina (retenue) est au second plan.

Pininfarina proposa une autre silhouette de la 504 sous la forme d’un break de chasse à trois portes : le Riviera en 1971.
Une idée qui avait germé lors d’une visite du staff Pininfarina dans les locaux du style Peugeot où un grand dessin de ce concept architectural, daté du milieu des années 1960, était fièrement exposé au mur (voir ci-dessous).

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Il n’y a évidemment plus rien de la 504 dans la seconde génération de 508. Heureusement du reste !
Dans la série des Peugeot en “5”, seule les 508 – première et seconde génération – ont été intégralement conçues chez Peugeot, sans l’aide d’un consultant designer extérieur. Pourtant, il faut rendre hommage à Paul Bouvot et à Gérard Welter (disparu le 31 janvier dernier) pour leur persévérance à imposer “leur” style auprès de la direction.
Persévérance qui a fini par payer en 1983 avec le programme M24 devenu le Sacré Numéro.
Entre la 504 et la 205, quinze ans de travaux ininterrompus auront donc consacré cette liberté…

Que Peugeot Design reprenne une icône de la marque – la 504 Coupé – signée Pininfarina pour imaginer son futur a une saveur un peu particulière…

Découvrez l’intégralité de la genèse du concept Peugeot e-LEGEND
dans le livre “1968 – 2018 : les 50 ans qui ont changé l’automobile”
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