Il y a 60 ans, déjà de nouvelles solutions de mobilité chez Citroën !

Aujourd’hui, Citroën présente sa vision de la nouvelle mobilité 100 % électrique. Gageons qu’elle saura rendre hommage à tous les travaux menés depuis plus d’un siècle au cœur même de ses bureaux d’études, dont certains révélés ici même.

Sous l’impulsion de Robert Opron (directeur du style Citroën de 1964 à 1975, ci-dessous), les années 1960 ne seront pas seulement celles des études de l’Ami 8, du projet “F” ou du duo des SM et GS. Citroën teste durant cette période toutes sortes d’urbaines, toujours avec audace. Et toujours en vue de remplacer la 2 CV. Une certaine idée de la mobilité que Citroën révolutionne aujourd’hui même !

Voilà déjà quatre ans que le Président des États-Unis d’Amérique a promis la Lune à ses compatriotes. Quatre ans après que le programme de la NASA a été lancé par J.F.Kennedy, l’espace reste toujours une source d’inspiration pour tous les designers, comme ce fut le cas des progrès de l’aviation à réaction dans la décennie précédente, les années 1950. Bien loin de Houston où le Président américain a tenu son discours ou encore du siège de la «National Aeronautics and Space Administration » à Washington, la rue du Théâtre à Paris s’émerveille tout autant de ces audaces spatiales que le reste du monde.

En 1965, il est question dans ces murs patinés de définir ce que pourrait être la 2 CV du futur. Et comme nous sommes chez Citroën, la vision de ce renouvellement est flamboyante. Robert Opron, qui a été nommé responsable du style en 1964 après le décès de Bertoni, est dans une période brillante. Le véhicule destiné à ce programme prend le nom de « G-mini » car, comme me le confiait le designer français, « ce projet fut conçu à l’époque des capsules spatiales ! » Il est bon de rappeler qu’effectivement les dix missions Gemini de la NASA furent lancées entre 1963 et 1966.

” Les ingénieurs ont étudié un petit véhicule à quatre places en losange avec le poste de conduite au centre, deux passagers latéraux et un espace intérieur fabuleux. Un petit siège d’enfant venait compléter le nombre de places. Le bureau d’études a construit un prototype avec une forme tout à fait banale avec un petit capot. Il fut étudié en grand secret puisqu’une partie du bureau d’études, notamment Monsieur Estaque, n’était pas au courant. Ce prototype a été présenté à la direction générale et Monsieur Cadiou m’avait dit alors «Opron, il ne reste plus qu’à lui trouver une forme plus sympa ! ». J’ai proposé cette carrosserie en maquette pleine, bien laquée, et lorsque le président Bercot a vu ça, il s’est retourné vers un collaborateur et lui a dit « mais c’est 1 000 par jour tout de suite ! » Il avait pris un coup au cœur. »

Alors que le Général de Gaulle inaugure le tunnel sous le Mont-Blanc en juillet 1965, le bureau d’études Citroën, lui, voit plus loin et commence à comprendre que les villes seront vite engorgées. La 2 CV doit donc être épaulée – voire remplacée – par un véhicule bien plus compact tout en offrant plus d’habitabilité. La plateforme du véhicule est spécifique mais elle accueille toujours le bicylindre dans sa version la plus évoluée installée alors sous le capot de l’Ami 6. C’est donc aux ingénieurs et architectes de Citroën que l’on doit ce projet novateur.

Mais c’est bien à Robert Opron lui-même que l’on doit le dessin avant-gardiste de cette mini-Citroën. La capsule G-mini est donc un concept monocorps avec un immense fenestron en avant des portes et une vitre de custode qui a pris plusieurs formes au cours des études de style. Le pare-brise est gigantesque et reçoit différentes implantations des essuie-glaces, dont une très osée avec deux balais au mouvement rotatifs directement implantés dans la vitre ! Les optiques sont disposées sous le pare-brise mais Robert Opron a pensé un temps les positionner derrière cette surface vitrée « mais on ne s’était alors pas trop soucié des reflets éventuels ! »

L’empattement long permet d’implanter l’originale architecture des 3+1 places avec le conducteur au centre. Si Pierre Bercot imagina un temps pouvoir produire à Javel « 1 000 exemplaires par jour »de ce projet G-mini, les rares tests-clientèles qui furent menés avec le prototype douchèrent rapidement les ambitions de la direction. Ils ne furent pas mauvais, juste catastrophiques ! Le programme Gemini de la NASA fut remplacé par le programme Apollo. Dans le même temps chez Citroën, après que le projet G-mini a été abandonné, il est remplacé par le projet EN-101 qui vise à donner encore plus d’habitabilité intérieur tout en conservant l’architecture des places disposées en losange.

On retrouve ici quelques dessins de Michel Harmand qui a collaboré avec l’équipe aux deux projets G-Mini et EN-101. Le programme conservait hélas un handicap de taille : la très mauvaise accessibilité à la place centrale du conducteur. Pourtant, avec sa forme monocorps, le Cx de ces études tutoyait le chiffre extraordinaire de 0,32, un record lorsque l’on sait que l’AX née vingt ans plus tard en 1986 proposera un Cx de 0,31.

Ces projets ne tombèrent pas totalement dans l’oubli, notamment pour Robert Opron qui tenta, lorsqu’il arriva chez Renault, de renouveler l’entrée de gamme de la Régie avec des projets reposant sur de telles architectures. Longtemps plus tard naquit la Twingo…

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