PSA-FCA : ce que Peugeot va trouver dans la corbeille de mariage

PSA et FCA vont se marier. LIGNES/auto n’est pas invité aux noces qui se préparent, mais vous révèle cependant ce que le groupe FCA a mis dans la corbeille : des produits, oui, mais tous forcément très frais…


LES GAMMES FCA

Sur les sept marques proposées par le groupe Fiat Chrysler Automobiles, certaines ont une portée assez modeste : Abarth, Dodge, Maserati et Chrysler.
Ce dernier label n’offre qu’une gamme extrêmement limitée avec seulement deux modèles (300 et Pacifica), doublée d’une autre offre du Pacifica en version hybride (ci-dessous, le site américain de Chrysler : cliquez sur la photo).

Abarth est considérée comme une marque à part entière, mais ses modèles sont des dérivés sportifs des Fiat 500 et coupé/spider 124. Dodge qui faisait partie du groupe Chrysler racheté par Fiat en 2011 n’est plus distribué en Europe.
L’offre de Maserati est quant à elle bien supérieure à celle de ses cousines. Avec 5 modèles (ci-dessous, cliquez sur la photo pour accéder au site), Maserati a une assise qui repose sur un seul SUV, une routière, une berline GT et un coupé et son dérivé cabriolet. Il manque à ce prestigieux label un véhicule d’exception.

Dans un premier temps, Maserati se concentre sur une nouvelle activité très profitable, celle de la personnalisation. En mars dernier à Genève, Maserati a présenté le Levante ONE OF ONE (ci-dessous), un avant-goût de ce futur programme de personnalisation Maserati. Mais personnaliser des silhouettes existantes ne suffira pas. Il convient de remodeler les modèles du haut de gamme, à l’image de la Quattroporte : cette sixième génération date de 2013, six ans déjà…


Sur les sept marques proposées par le groupe Fiat Chrysler Automobiles, il en reste donc trois qui doivent être extrêmement profitables : Alfa-Romeo, Fiat et Jeep.

MARQUE JEEP
L’histoire automobile connait de nombreux renversements de situations qui prêtent parfois à sourire. En 1979, Renault reprend AMC (American Motors Corporation) et dans le panier de mariage, il y a la marque… Jeep. Aujourd’hui, ce serait au rival français, PSA, de profiter de cette marque !

C’est d’autant plus intéressant que la gamme Jeep d’aujourd’hui (cliquez sur la photo ci-dessous pour accéder au site) est cohérente même si certains imaginent qu’elle puisse l’être davantage avec un modèle d’accès. Un modèle qui trouverait sans doute sa place plus légitimement chez Fiat ? Peugeot ne peut pas être insensible à cette acquisition “offerte” à l’occasion de la potentielle fusion avec FCA. Même si, côté concurrence interne, PSA devra jouer finement pour ne pas se marcher sur les pieds avec l’offre de plus en plus conséquente de SUV. Un impératif : que chaque marque conserve sa légitimité et ne trahisse pas ses origines.

MARQUE ALFA ROMEO
On le sait, Alfa-Romeo fut un temps la marque chouchoutée par le regretté Sergio Marchionne (1952-2018) à tel point que vous pouvez la voir s’affronter à Ferrari les WE de Grand-Prix de F1 ! La volonté de promouvoir la marque italienne aux USA porte ses fruits grâce aux récentes Giulia et Stelvio mais en Europe, la Mito (qui n’est plus proposée sur le site français bien qu’elle apparaisse sur toutes les photos de groupe…) et la Giulietta vieillissent et n’auront sans doute pas le temps d’attendre une quelconque mutualisation des plateformes avec celles du Groupe PSA pour se ressaisir. Il y a urgence !

Heureusement, le constructeur a investi là où il y a une autre urgence, celle d’être présent sur le marché des SUV dans un segment très générateur de volume : le segment “C”, avec un SUV plus compact que le Stelvio et dévoilé sous la forme d’un concept-car en mars dernier. C’est l’Alfa Romeo Tonale (ci-dessous). En 2022, un autre SUV, plus gros, devrait également être dévoilé et viser le segment “E” du très haut de gamme.

MARQUE FIAT
C’est celle du volume et celle qui reste la matrice de FCA. On le voit dans notre tableau en ouverture de ce ‘post’, l’offre Fiat s’est considérablement réduite ces dernières années, notamment depuis le début des années 2010 où FCA s’est occupé à percer sur le marché américain, notamment avec Alfa Romeo. A vouloir aller trop vite, la construction de FCA a grillé quelques fusibles et détruit Lancia. L’idée de rebadger des Chrysler en Lancia a été un fiasco. Réduire une marque fondée en 1906 à ce petit jeu de maquillage a été un cataclysme pour les passionnés automobiles. Voilà plus de deux ans déjà que la marque a disparu du paysage français. Bon, les cassandres pourront toujours nous expliquer que Citroën a fait disparaître Panhard en 1967 et que PSA a tuer une seconde fois Talbot…

Lire ici un point de vue assumé et différent de notre confrère du Monde, Jean-Michel Normand (cliquez sur la photo pour accéder à l’article)

Côté Fiat donc, l’offre est vieillissante (ci-dessous, cliquez sur l’image pour accéder au site Fiat) . Notamment du côté de son terrain de jeu favori : les petites voitures et berline compacte. La Fiat 500, commercialisée un peu partout sur la planète et notamment… en Inde, en Chine et aux États-Unis, tient pratiquement le rôle de “monoculture” de la marque. Il faut croiser les doigts pour espérer que l’idole saura pérenniser son sex appeal quelques générations encore !

Le cas de la Panda née en 1980 et remodelée depuis en une version modernisée est plus délicat. La génération actuelle tutoie le segment B, celui des petites routières. La prochaine que l’on annonce pour 2020-2021 pourrait revenir aux fondamentaux de l’originale de 1980 avec une simplicité d’usage renforcée et une motorisation électrique. Cette nouvelle Fiat Panda pourrait ressembler au concept-car Centoventi dévoilé en mars dernier qui n’est pas bouleversant en termes de concept…

Cette Panda de la quatrième génération sera produite en Pologne et laissera place dans les usines italiennes à une possible petite Jeep du segment des B0.

Mais ce qui manque à la gamme Fiat, c’est bien une berline du segment B2, rivale des VW Polo, Peugeot 208 ou Renault Clio. Cette berline nécessiterait une plateforme moderne, plate-forme que PSA vient justement d’industrialiser avec ses DS3 Crossback ou 208. S’il est un vœux qui doit se réaliser au plus vite, c’est bien celui-ci : dessiner la Punto des années 2020 sur la base des 208/Corsa.

Le petit coup de maître de Fiat a été de commercialiser en Europe sa Tipo (peu aimée pourtant de la direction de FCA…) avec trois silhouettes et à des prix défiants la concurrence. Le résultat ne s’est pas fait attendre et en trois ans, 500 000 exemplaires ont été vendus lors de ces trois années, à comparer aux 380 000 du modèle précédent (Bravo) en sept années ! Ce pourrait être le “Dacia” de cette fusion PSA/FCA.

Le volume, c’est bien là la clé de cette fusion PSA-Fiat. Ce petit schéma ci-dessous, montre que si cette dernière fusionne avec FCA, le total des produits vendus passerait à près de 9 millions d’unités.


Ce changement de dimension permettrait un effet immédiat sur un domaine qui semble être la clé de cette fusion potentielle : les achats. La centrale d’achats d’un tel groupe pourrait évidemment tirer un profit énorme dans différents domaines, au premier rang desquels, les fournisseurs de batteries des voitures électriques qui, d’ici à 2040 devront équiper en France toutes les voitures neuves vendues. Aujourd’hui, ce prix intervient pour plus du quart du prix facial de la voiture électrique. On peut facilement imaginer qu’avec un volume croissant de façon exponentielle, les prix d’achats de ces composants seraient pour cette fusion Fiat-PSA bien évidemment très avantageux. Les économies envisagées avec cette fusion (mutualisation des plateformes et motorisations, partage des investissements de la conception des produits, etc.) pourraient s’élever à un milliard d’euros chaque année ! La fusion permettrait également au géant PSA/FCA d’être présent sur toutes les plaques mondiales puisque PSA ajouterait les Etats-Unis à son terrain de chasse et Fiat renforcerait sa présence en Europe et en Chine. Quant à l’Amérique latine, Fiat pourrait aider PSA à se développer. Tout ceci reste pour l’heure hypothétique et ce qui est évident sur le papier peut vite devenir infernal dans la réalité. Il fait garder en mémoire l’échec du mariage Daimler-Chrysler avant de crier victoire trop vite…

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