

Arrêtons le fade, le triste ! Stoppons la morosité. Oui, la bagnole peut faire sourire et plaisir, amuser et surtout, remplir bien plus que sa fonction de base : aller d’un point A à un point B. Aujourd’hui, j’ai vu le concept-car ELO et en sortant, je me suis demandé : et si c’était elle, la nouvelle Deuche ?! Cet engin répond aux plus simples désirs d’un couple, d’une famille ou d’amis. La 2 CV, cette icône dont le cahier des charges auvergnat était pour le moins simple et pragmatique… ELO est du même gabarit que la 2CV, à 20 cm près, et embarque six personnes !

Attention : Citroën ne nous vend pas ELO comme une 2 CV du futur. La marque voit plutôt loin devant. Mais elle n’oublie pas son histoire. ELO a par exemple un siège conducteur central. Le constructeur est totalement légitime avec cette architecture, car dans les années 1960, il ne s’est pas privé de tester cette formule comme on le voit ci-dessous sur le fameux concept Shadock dessiné pendant l’ère Robert Opron, au milieu des années 1960.

Alors, à défaut de 2 CV, le discours officiel nous emmène sur l’idée que le concept ELO est un laboratoire… d’idées, un couteau Suisse qui embarque jusqu’à six personnes avec une empreinte au sol identique à celle d’une C3. Audacieux, malin, créatif, tourné vers le bien être.

“Fidèle à plus d’un siècle d’innovation au service de la liberté de mouvement et d’une vie plus facile, Citroën réaffirme son rôle de pionnier dans une époque où les modes de vie évoluent rapidement.” C’est assurément 4,10 m d’ingéniosité et de couleurs. 4,10 m de fantaisie et d’astuces. De sérieux aussi et de fidélité, comme un animal de compagnie. Comme une seconde maison.

Car dans ELO, on peut travailler, dormir, en plus de trimbaler la fratrie en vacances ou simplement d’aller remplir le chariot au supermarché. Ce laboratoire d’idées inspire le mouvement, divertit les enfants, réinvente le travail à distance, multiplie les opportunités de loisirs, propose un couchage sous les étoiles et il est même capable de fournir de l’énergie (air et électricité). Une prise d’air comprimé permet de gonfler les matelas dissimulés à bord (voir plus bas)

C’est surtout un jalon fort dans la séquence automobile que l’on vit : le retour d’une formule quelque peu abandonnée, avec un style monovolume et une architecture intérieure qui réinterprète “l’esprit des monospaces et ludospaces qui ont façonné l’histoire de la marque“, comme le souligne Citroën. Le retour des “MPV” va-t-il calmer la vague des SUV ? Sommes-nous à un moment de bascule ? (roulement de tambours…)

ELO profite d’une plateforme 100% électrique sans laquelle elle n’aurait jamais vu le jour, car comment aurait-elle pu optimiser un tel espace dans un si petit gabarit avec un moteur thermique et son encombrante chaîne de traction ? Impossible. Le moteur EV est ici repoussé sur le train arrière. L’implantation originale des sièges fait le reste. Le volume du coffre n’est jamais impacté par les différentes configurations offertes à bord.

Ouvrons les quatre portes latérales qui se déploient dans un mouvement antagoniste. L’absence de pied milieu offre un accès aisé de 1,92 m de largeur. Le plancher totalement plat facilite les déplacements à bord, quelle que soit la configuration choisie. Le siège du conducteur pivote de 360° pour s’adapter idéalement aux différentes configurations disponibles à bord.

Le rang 2 offre trois sièges, tous de même largeur. Leur dossier bascule et les deux latéraux sont démontables et se transforment en strapontins facilement extractibles pour agrémenter un pique-nique improvisé. Deux sièges supplémentaires se dissimulent sous les assises extérieures du rang 2. Ils se déploient d’un simple mouvement pour venir se lover en léger retrait de part et d’autre du siège conducteur. L’espace aux jambes de ces deux places supplémentaires est généreux.

Les équipes du design Citroën ont œuvré en commun avec celles de Decathlon afin de concevoir des matériaux, accessoires et scenarii pour que ce laboratoire d’idées réponde parfaitement à vos envies de loisirs de plein air. Cette collaboration va bien au-delà de la seule conception d’accessoires durables et adaptés au véhicule.

Des sacs additionnels ont été conçus pour se ranger facilement à l’avant et des accroches ont été ajoutées sur les quatre portes permettant de tendre un auvent de chaque côté d’ELO. Cet auvent permet de prolonger l’expérience à l’extérieur tout en se protégeant du soleil ou des intempéries. Les designers ont exploité toutes les zones de rangements selon les activités imaginées. Le dessin de l’entrée de coffre a par exemple été retravaillé afin d’offrir une assise sur le seuil pour pouvoir changer de chaussures après une randonnée.

Le conducteur bénéficie d’une nouvelle génération d’affichage des informations. Sur le précédent concept Oli de 2022, elles étaient projetées sur la « Smartband », une large bande horizontale positionnée dans la partie inférieure du parebrise. Avec ELO, les écrans à plat se reflètent sur un écran transparent équipé d’un film réfléchissant, procurant un effet magique : l’information colorée semble flotter en transparence sur toute la largeur du pare-brise.

Ce nouvel affichage nécessite une technologie bien moins onéreuse en termes de développement et de production potentielle qu’un classique affichage tête haute. Cette idée nourrira la création des designers et architectes pour les produits de demain.

Travailler à bord, conduire, se détendre… Et même dormir comme on l’a vu. Le concept embarque dans le coffre deux matelas repliés dans des rangements dédiés. Ces matelas sont conçus avec le matériau Dropstitch de DECATHLON, notamment utilisé pour les planches de surf, pour les kayaks ou encore pour les planches de paddle.

Les deux matelas sortis de leur logement sont dépliés et gonflés grâce à l’air comprimé embarqué à bord du véhicule et accessible via une buse située dans le bas de caisse du véhicule. Le matériau Dropstich permet à ces deux couchages d’acquérir une rigidité qui ne nécessite pas de renfort particulier pour les maintenir en position, une fois installés dans l’habitacle.

Et après une bonne sieste, nous allons enfin parler du “style” de ce concept-car. C’est un “one-Box” comme le disent les designers. Un parpaing. Mais toute la différence est dans le traitement des volumes de ce cube-auto. La silhouette atypique de ce concept est ainsi en totale symbiose avec l’approche non conventionnelle de son architecture. Elle est pratiquement monovolume et affiche une simplicité en termes de langage de formes. ELO marque un lien de parenté avec OLI et ses vitrages plats, sauf une légère courbure en partie basse à l’avant pour plus de fluidité.

L’ensemble est très graphique avec les passages de roues élégamment soulignés d’une arche, des épaules solides et planes pour servir de support à différents objets lors des pauses, alors que la ceinture de caisse est abaissée au maximum au profit de la luminosité. La vitre latérale au niveau du rang 2 est plus grande et renforce la visibilité vers l’extérieur. Avec leur forme semi-arrondie, les portes arrière remontent sur le pavillon et optimisent cette luminosité à bord (4,5 m2 de vitrage). En arrière de l’habitacle, la cellule dédiée au coffre se singularise par un décroché souple, élégant et structurant du pavillon.

À l’avant, la signature lumineuse reprend le concept actuel légèrement revisité avec les gélules verticales scindées en deux éléments. Le logo est fièrement mis en exergue. En partie basse, le bouclier de protection est conçu en polypropylène expansé. Inspiré de la protection des casques conçus par DECATHLON pour les cyclistes, ce matériau est composé de 30% de matières recyclées et est à 100% recyclable. Il est très léger et se retrouve sur le méplat des quatre ailes.

On retrouve cette protection – identique en forme et en matériau – sur le bouclier arrière, limitant ainsi le nombre de pièces composant la carrosserie. Sur cette partie arrière, la signature lumineuse se rapproche de celle du C5 Aircross, avec un élément supérieur flottant. L’ouvrant du coffre est composé de deux battants asymétriques et permet ainsi de jouer avec un petit vitrage supplémentaire sur la porte gauche. En partie supérieure du pavillon, un large girafon (ci-dessous) se déploie pour découvrir une partie du toit afin d’augmenter la hauteur de chargement ou de profiter de la nuit étoilée en configuration couchage. Cette forme singulière confirme la volonté du design de créer de nouvelles expériences. Elle habille les fonctions avec simplicité et efficacité.

De par sa vocation, ce concept dispose de pneumatiques orientés vers les loisirs et les activités Outdoor. Il perpétue le partenariat mené avec Goodyear et devient ainsi le 4e concept-car de Citroën doté de pneus intelligents depuis le 19_19 du centenaire. Ce nouveau pneu maintient la bonne pression en fonction de la charge du véhicule. Quel que soit le type de terrain emprunté, il répond aussi bien à un usage quotidien qu’à des expériences occasionnelles d’amateurs d’excursions. Intelligent, il mesure en temps réel sa pression et son usure, le tout monitoré via une l’application dédiée.

Voilà un concept-car vivifiant. Un mois après le concept Polygon de Peugeot, on constate que les visions des deux constructeurs sont diamétralement opposées. Il y a un mélange de simplicité et de richesse conceptuelle à bord d’ELO, lorsqu’il y a de la technologie à bord du récent de Polygon ci-dessous. Tous les deux réinventent la formule monovolume.

Un concept cohérent sur la Citroën puisqu’il participe de l’espace intérieur, incroyable. Un thème plus surprenant sur le concept Peugeot qui habille une silhouette deux portes sportive. Mais un grand designer me disait récemment que « le concept monovolume est une modernité, une constante. Le pare-brise reculé avec un capot plus généreux, c’est plus de classicisme certes, mais c’est plutôt l’histoire. »

En moins de deux mois, Peugeot et Citroën ont démontré que les bureaux d’études et de design bouillonnent toujours autant. Une évidence de bon augure avant la révélation du plan présenté par Antonio Filosa, le grand patron de Stellantis, lors du premier semestre 2026 et qui concernera l’avenir de Stellantis.


