Peugeot RCZ Vision : le diabolique retour du coupé RCZ !

À l’occasion du Mondial de l’Auto, Peugeot surfe sur la même vague que ses concurrents Français, celle de la nostalgie positive ! Citroën peaufine la descendante de la légendaire 2CV de 1948, DS avec son concept Fever se souvient que tout a commencé avec la DS3 de 2010 et Renault songe à relancer l’Espace de 1984. La marque Peugeot s’inspire quant à elle d’un petit bijou de son passé, le coupé RCZ de 2009. Dix-sept seulement. Dix-sept ans déjà !

Ce coupé alors réalisé sur la base de la 308, et le premier SUV 3008, sont deux programmes menés sous la responsabilité de Jérôme Gallix qui a succédé à Gérard Welter à la tête du design Peugeot en 2007. On doit également ces deux modèles à la perspicacité du patron de PSA de l’époque : Christian Streiff. Sans oublier l’un des maîtres du produit à l’époque, Bruno de Guibert.

Jérôme Gallix, directeur du design Peugeot de 2007 à 2009 et responsable du programme qui a donné naissance au RCZ dessiné par Boris Reinmoller

Pendant deux trop courtes années, Philippe Streiff a poussé ses équipes vers ce genre d’audace, y compris chez Citroën où il voulait encore plus d’équipements premium pour la ligne DS naissante, avec la DS3. Les Français en ce mois d’octobre ont donc visiblement nettoyé leurs rétroviseurs. Peugeot, comme ses concurrents Citroën, DS Automobiles et Renault, a brillamment exécuté ce concept tourné vers le futur et ancré dans la mémoire.

On comprend immédiatement qu’il s’agit d’un hommage au coupé RCZ de 2009. Et pourtant il n’en a pas les proportions. L’élément le plus marquant reste bien évidemment le pavillon aux deux bossages. Il s’agit là plus qu’un pavillon, puisque les bossages se prolongent sur la lunette arrière, ci-dessous. Pour le reste, il s’agit d’un fil ténu tendu entre notre souvenir et ces lendemains que Peugeot a déjà déflorés avec Polygon pour l’Europe et les deux concept-cars 6 (un break de chasse) et 8 (un imposant SUV) pour la Chine, où la marque française veut confirmer son retour.

Les deux arches sont présentes ainsi que les bossages sur le pavillon mais également, pour le concept RCZ Vision, sur la lunette arrière. En haut à droite du dessin, une esquisse du RCZ d’origine.

Bravo aux équipes de Matthias Hossann pour cet hommage qui suggère le retour au coupé. Mais est-ce vraiment le seul but ? Nous avons relevé cette phrase dans la communication du constructeur qui évoque plutôt le design intérieur et ouvre peut-être d’autres perspectives : « ce concept illustre ce que pourrait être l’habitacle d’un futur modèle vaisseau amiral de Peugeot. »  Et s’il s’agit d’un potentiel futur habitacle, il devrait logiquement être habillé d’une carrosserie pour coiffer le tout. Et ce vaisseau amiral sera-t-il ce coupé, ou une grande berline routière. Les deux silhouettes sont ancrées dans les gènes de la marque (voir notre Bonus à la fin de ce post)

Nous évoquons un coupé, mais ce RCZ Concept est une vraie quatre places, contrairement au RCZ d’origine, plutôt configuré comme un 2+2. Le concept conserve donc le « Bubble Roof » et aussi les arches du coupé originelles qui ont sur le RCZ Vision bien plus fines, flottantes et non plus en aluminium mais recouvertes d’une peinture issue du recyclage d’aluminium. Ce nouveau langage formel appelé Feline Future est fondé, dixit Peugeot, sur les termes de “liberté, courage, élégance, force et instinct.” Tout ça se loge donc dans la souris d’ordinateur des créatifs. Nous retiendrons aujourd’hui le terme de “courage.” Car il en a fallu en 2009 pour oser mettre en vente le RCZ d’origine.

L’audace arrivera-t-elle en série ? Peugeot est désormais dans la pyramide verticale des marques Stellantis, parmi les quatre leaders retenus par Antonio Filosa pour les innovations et les investissements, aux côtés de Fiat, Jeep et RAM. Et côté innovation, si l’on met de côté la silhouette et le design extérieur, le concept RCZ Vision y va fort et adopte à bord la préfiguration de la prochaine génération d’expérience de conduite . Avec l’Hypersquare en vedette dans un cockpit totalement redéfini.

Peugeot affirme même que le module de conduite (comprenez le « volant » rectangulaire) est celui que la future E-208 adoptera en 2027. Voici donc un morceau de votre future E-208 sous vos yeux, ci-dessous ! Ce module n’est pas la seule innovation à bord car il s’intègre dans un cockpit profondément revu et redessiné. Ainsi, des écrans transparents micro-LED s’associent à l’Hypersquare et le dessin de la planche s’en trouve métamorphosé avec un second écran central. Lui aussi est flottant et transparent, comme celui logé juste au dessus du “volant”. L’écran central permet au conducteur de le configurer ou de le déconnecter du flux d’affichage pour rétablir cette transparence assez incroyable.

Gros plan sur l’Hypersquare de la future Peugeot E-208 avec un agrandissement (en haut à droite) du principe des commandes accessibles du bout des doigts, sans lâcher le module de direction.

Le module de direction est né de l’intégration à bord de la direction « by wire » sans liaison mécanique. Cette technologie se déploie sur le concept RCZ Vision avec un système de freinage dont la liaison hydraulique est remplacée par une commande électronique. En termes de chaîne de traction électrique, ce concept repose sur la nouvelle plateforme STLA One à (presque) tout faire, du segment B des petites routières comme la future E-208, au segment D des grandes berlines ou Crossover.

Ici, elle adopte une batterie à électrolyte solide permettant de réduire considérablement la hauteur (11 cm seulement) et donc, d’implanter les quatre sièges à bord ci-dessus au plus près de la route. Ce n’est plus une architecture de 400 ou 800 V, mais carrément 1000 V qui permet ainsi une recharge de 10 à 80% de la capacité en 10 minutes. La puissance délivrée par le RCZ Vision est de 500 ch et l’autonomie est annoncée à 600 km.

Mais sur ce site, vous ne trouverez pas d’explication technique. Profitons plutôt de ce très élégant coupé pour évoquer encore le design. Matthias Hossann explique que le « RCZ Vision donne une nouvelle expression à notre langage de design Feline Future. » Un langage nouveau qui ne cesse d’évoluer de concept en concept, comme on le voit ci-dessous avec la proue du Concept-6 chinois et celle du RCZ Vision : les trois barrettes lumineuses traversent désormais toute la face avant. Il en est de même pour la poupe où l’on note également que le logo laisse place au nom de la marque…

Matthias Hossann poursuit en expliquant que « ce langage formel est né de la tension entre la force du félin et la précision de la matière. C’est un design instinctif et sensuel qui met la technologie au service de l’émotion et du plaisir de conduire. » Un plaisir de conduite que le patron de Peugeot, Alain Favey, considère comme « ultime ! » Vroooaaaa…. Ah non, pardon, Wiiiiiiizzzzz….

BONUS : LES SILHOUETTES VÉNÉRÉES PAR PEUGEOT

Avec un break de chasse concrétisé par le Concept-6 présenté en Chine et un coupé 4 places dévoilé cette semaine au Mondial de l’automobile (4), Peugeot retrouve des silhouettes qu’il a de tout temps parfaitement maîtrisées. Concernant le RCZ (2), on a vu que le duo Jérôme Gallix et Christian Streiff lui a donné sa raison d’être. Et de vivre. Ce n’a pas été le cas d’un dérivé quatre portes (1) dont les travaux ont débuté en 2007 et qui était très influencé par la mode du moment des « coupés quatre portes ».

En 1, projet non retenu datant de 2007 d’une berline-coupé 4 portes. En 2, le coupé RCZ franchit quant à lui le stade de la commercialisation. En 3, la berline-coupé 5 portes arrive finalement en 2018 (la 508). Retour à la silhouette coupé en 2026 avec le coupé RCZ Vision. La cohérence Peugeot est solide !

Une mode lancée principalement par la Mercedes CLS de 2004. Cette silhouette, représentée ici par une illustration fidèle (1), n’a pas été retenue. Il faut dire qu’à cette époque, Jean-Pierre Ploué, alors patron du design Citroën, se voit confier également la responsabilité du design Peugeot. Il place rapidement Gilles Vidal à la tête de ce dernier et, ensemble, ils lancent un nouveau langage formel avec le concept-car SR1. La silhouette « CLS » de la RCZ (1) ne restera pas dans l’oubli puisqu’elle allume la mèche de celle qui deviendra bien plus tard, la 508 de 2018 : une berline basse à cinq portes (3).

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