Peugeot Quartz : les dix ans d’un concept qui a tout changé

Chez Peugeot, l’année 2014 – voici donc tout juste dix ans – est riche de deux concept-cars exceptionnels, avec Exalt ci-dessous, qui anticipe la 508, et Quartz qui valide le thème esthétique de la future star 3008 qui sera dévoilée en 2016. Ce feu d’artifice est accompagné d’une reprise en main directoriale bienfaitrice.

Le concept Exalt ci-dessus a annoncé la Peugeot 508. Le Quartz quant à lui s’appuie sur le concept du futur 3008, un best-seller !

Le concept-car Exalt a été dévoilé en Chine en avril 2014, suivi six mois après par le Quartz, présenté au Mondial de l’automobile de Paris. Tous deux ont une philosophie bien différente, comme le confirme Matthias Hossann, à l’époque responsable de ce concept-car avant de devenir directeur du design Peugeot en 2020. « Exalt a donné vie à la 508. Les deux concepts ont vécu en parallèle. En revanche, même s’il y avait encore du travail sur le 3008, l’idée avec Quartz était de communiquer sur notre crossover compact. Car on savait que le saut entre les deux générations de 3008 (2009-2016) était phénoménal. L’idée était alors de mettre en scène un 3008 très dynamique. »

Techniquement, Quartz va également inaugurer le combiné 3D ci-dessous qui apparaîtra avec la 208 en 2019. « C’est une expérimentation développée en interne » précise Matthias. Il faut rappeler que ce type de technologie n’était pas présente chez les généralistes. Ce concept est donc l’image dynamique du nouveau design des futurs 3008-5008. Fini les rondeurs, fini le classicisme, place à l’énergie et aux surfaces tendues et biseautées.

Et cette fois, c’est bien le concept qui dérive du produit de série même si, comme le souligne Matthias Hossann, « le 3008 n’était pas encore tout à fait gelé en style, il était en avance de phase. Et surtout, la thématique de la planche de bord et les thèmes de style étaient figés avec une attitude et un regard félin, des arches de roues marquées. On a magnifié tous ces thèmes sur le concept-car. »

A bord, l’innovation en termes de matériaux perdure après les Onyx et Exalt, comme le souligne Benoit Morin : « on a introduit des techniques de transformation inédites, avec notamment du tricotage de maille pour la sellerie. On s’est inspiré de l’univers de la chaussure et on a tricoté le tissu numériquement, sans perte à l’assemblage. » Ce procédé innovant permet de réaliser des pièces complexes et de grandes dimensions utilisables dès la sortie de la machine.

Jean-Pierre Ploué au “volant” du prototype Quartz et à ses côtés, Gilles Vidal, alors directeur du design Peugeot.

« Le cuir quant à lui a été récupéré sur d’autres coiffes de sièges et de vieux bagages patinés avec une action de micro-perforation. On recherche sans cesse l’innovation qu’on introduit d’abord dans les concept-cars, ce qui nous permet d’argumenter concrètement en interne. Une idée peut ainsi être plus aisément validée pour la série, comme le tissage numérique qui est apparu à bord des 208 GT et 508 PSE. »

Même la pierre de basalte que l’on trouve à bord de Quartz a été étudiée pour une éventuelle disponibilité en série sur certains éléments de décoration. On se croirait presque chez… Mercedes ! Sébastien Floutier, styliste couleurs et matières sur ce concept, explique que le « Quartz présente un extérieur et un habitacle en contraste. Ce dernier est conçu pour apporter de la chaleur par son élégance et son raffinement. Il est néanmoins résolument sportif avec un i-Cockpit dédié au conducteur et au pilotage. »

Bruno Coelho et Damien Deberdt, sous la direction de Bertrand Rapatel, vont animer cet intérieur d’une planche de bord qui reprend les touches piano du concept Exalt, et d’un volant toujours plus stylé. A l’extérieur, on doit le côté sportif de cet engin compact, long de seulement 4,50m, à Thomas Bergeron, un designer qui a rejoint aujourd’hui le studio de General Motors à Séoul. Le dynamisme du concept passe par un style acéré. Il délaisse l’univers légèrement sculpté, avec des flancs cintrés, de la SR1 – et des concepts qui suivront – pour des volumes marqués par des plis francs et des biseaux que le concept Fractal portera à leur paroxysme un an plus tard.

Pour découvrir l’histoire des concept-cars et des prototypes d’études Peugeot et vivre 60 ans de style et de design de la marque, lisez le livre de l’auteur disponible ici : https://www.la-boutique.com/produit/concept-cars-et-prototypes-detudes-peugeot/

C’est (presque) un nouveau manifeste qui annonce la prochaine révolution de design appliquée sur le 3008 (2016) puis le futur SUV 2008 de 2019 ! A l’arrière du pavillon, on trouve deux oreilles de Mickey (appellation officieuse) que la 408, née près de dix ans plus tard, empruntera dans le but de cacher le recul des charnières du hayon ! Le travail sur l’architecture haute est spécifique et novateur.

La cellule du Quartz est coiffée de deux arches métalliques sur lesquelles vient se sceller le vitrage en polycarbonate. Celui-ci est ciselé par des lignes de quart captant la lumière. Matthias Hossann conclut que le Quartz « est un monolithe dans lequel sont taillés un SUV en partie basse, et une berline en partie haute. Les lignes de style sont guidées par la fonction de chaque pièce. Quartz est époustouflant et efficient grâce au cintrage de la carrosserie et aux matériaux innovants. »

Techniquement aussi, le concept met l’accent sur la sportivité. Son capot sculpté abrite le moteur 1.6L THP de 270 ch, développé par Peugeot Sport, couplé à une boite de vitesses automatique à 6 rapports. Le train avant est motorisé par une machine électrique de 85 kW. Elle recharge la batterie de 400V en phase de décélération, et assiste le moteur thermique sur les changements de rapport. Le train arrière accueille quant à lui une machine électrique identique pour la propulsion et participe également à la recharge de la batterie.

Cette chaîne de traction se retrouve quelques mois plus tard sous le capot du prototype de la Peugeot 308 R Hybrid (ci-dessus), avec la même puissance de 500 ch. Longtemps espérée, la production de cet engin diabolique a finalement été abandonnée. Pourtant, l’un de ses pilotes est ravi du comportement et de l’aboutissement technologique de ce projet. Cet homme, c’est Carlos Tavares en personne.

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