DS Revolte : la 2CV revival a déjà existé, mais en version très luxueuse et non populaire !

À deux mois et demi de la présentation d’un concept-car évoquant ce que sera la 2CV électrique populaire de 2028 (ce sera à l’occasion du Mondial 2026 en octobre pour le public), voici une petite piqûre de rappel. Elle retrace la genèse d’un autre concept-car qui réinterprétait lui aussi l’icône de Citroën, mais en version totalement opposée, puisque très luxueuse !

Quel sera le design de la 2CV électrique dévoilée le 12 octobre prochain ? Voici la vision que s’en fait LIGNES/auto. Sera-t-elle sur une base chinoise Leapmotor (avec les dimensions qui vont avec…) ou sur une plateforme Stellantis modifiée ?

La 2CV revival, personne n’en voulait chez Citroën dans les années 1980 à 2000, malgré quelques tentatives, notamment celle révélée lors de la célébration du centenaire de la marque à la Ferté-Vidame en 2019 (ci-dessous). Pour les différents patrons de la marque, notamment Claude Satinet, il n’était pas question de regarder dans le rétroviseur. Comme si ce dernier devait révéler des histoires pénibles, alors que l’ADN même de Citroën s’y trouvait…

L’époque a changé et avec l’arrivée de Xavier Chardon à la tête de Citroën et la restructuration du groupe Stellantis tout entier, la 2CV a franchi les limites du petit miroir de ce rétroviseur. La voici désormais catapultée sur la route. Enfin presque, puisqu’il faudra attendre 2028 pour que la 2CV 100 électrique et répondant aux nouvelles normes européennes des M1E (entre les quadricycles et les automobiles) roule sur nos routes. Et elle sera respectueuse de ce que fut la TPV (Très Petite Voiture) de 1939, ci-dessous. C’est ce que la marque nous annonce.

Une 2CV revival a pourtant déjà connu les joies d’une présentation en fanfare, même s’il s’agissait d’un exemplaire unique sous la forme d’un concept-car : la Revolte de 2009, voici déjà dix-sept années ! Alors que la deuxième génération de C3 est tout juste révélée en première mondiale au salon de Francfort 2009, aux côtés de la version de série de la première DS3, Citroën expose sur son stand la Revolte, un concept-car en avance d’une époque ; voire en total décalage. Il en dit long sur l’énergie et les idées qui bouillonnaient dans le cerveau des créatifs de la marque.

Dix-sept ans après le concept-car DS Révolte qui réinterprétait l’esprit de la 2CV avec un thème très luxueux, la 2CV sera de retour en 2028 en série, et dès octobre prochain sous la forme d’un concept-car. Elle ne sera pas luxueuse mais populaire ! Nous en avons imaginé la forme, non officielle.

Frédéric Soubirou ci-dessous, son designer, le reconnait, « je ne suis pas souvent à la maison à ce moment, mais ce sont mes plus belles années ! C’est une dynamique incroyable dans ma carrière, je m’éclate totalement ! » Il est vrai qu’après avoir été sélectionné pour la C-Sportlounge (2005), la DS Inside (2009), le voici à la tête du projet de la Revolte, autre concept-car emblématique de Citroën. Évidemment depuis, il a exécuté un plan de carrière qui l’a mené à la tête du design extérieur de la marque DS Automobiles. Mais en 2009, nous n’en sommes pas là.

Frédéric Soubirou et l’équipe du design nous avait ouvert les portes du studio lors de la genèse du concept-car Revolte.
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C’est un peu un anniversaire qu’il célèbre cette année-là, avec une 2CV présentée en 1948 mais commercialisée à faible cadence en 1949. « Je veux faire un clin d’œil à la 2CV mais immédiatement Jean-Pierre Ploué me dit ‘’ok, mais il ne faut pas tomber dans le côté spartiate de la 2CV, ce n’est pas ce que je veux. Je veux un concept luxueux, avec l’esprit premium ‘’ et du coup, je vais faire un sacrilège : la Revolte sera une voiture de luxe ! » Tout le contraire de la prochaine 2CV qui assumera son aspect populaire.

La DS Révolte dévoilée en 2009. Une illustration du Centre de Création Citroën : Laurent Nivalle et Charles-Antoine d’Autichamp

Citroën, une marque populaire, dans le bon sens du terme ? Pierre Leclercq, le patron actuel du design Citroën ci-dessous qui cache aujourd’hui son prototype de future 2CV dans ses studios, nous confiait que
« je voudrais insister sur le fait que j’adore le côté populaire de Citroën. Notre rôle est de concevoir des produits populaires, accessibles et qui, de fait, doivent durer et avant tout être sexy. On va présenter des produits qui vont faire rêver. Concevoir des voitures accessibles à tous, c’est certes fantastique mais ce n’est pas seulement une histoire de design : j’ai vraiment le sentiment qu’on rend la vie des gens meilleure. »

Frédéric Soubirou nous disait lors de la genèse de la Revolte que « Jean-Pierre Ploué (aujourd’hui remplacé par Gilles Vidal) est dans cette dynamique des débuts du lancement de la ligne DS dans la gamme Citroën. Il veut faire du haut de gamme. Mais traduire le luxe sur un design extérieur est toujours assez compliqué. Nos armes pour exprimer la richesse sont plus limitées que pour les spécialistes des matières et couleurs par exemple. »

Julien Famchon (ci-dessous) et Vincent Lobry, responsable des C&M sur ce projet sont effectivement plutôt fiers de la profondeur de la teinte extérieure. « À bord, les cristaux présents dévoilent des effets de stries semblables à celles du velours. Cet effet de moirage du velours fait évoluer la lumière sur ce matériau spécifique. On est vraiment dans l’idée de la douceur. Sur les contre portes, des joncs de couleur accompagnent la teinte sombre, aubergine, très laquée avec plusieurs épaisseurs de vernis. Ensuite, il fallait amener un peu de sensibilité avec du cuir en partie haute qui en plus révèle la luminosité. Ce cuir est également très travaillé avec un côté poudré, comme la poudre de maquillage. »

Julien Famchon qui a dessiné l’intérieur nous expliquait en 2009 « qu’il fallait bien distinguer les deux univers différents, entre le conducteur et les passagers. Comment également retranscrire cette révolte dans le dessin de l’intérieur. La planche de bord adopte une configuration très différente de ce qui existe aujourd’hui. Toute l’instrumentation est située sous la ligne de la planche. Toutes les commandes, elles, sont regroupées dans le cube-cristal. Ce cube au centre a un côté pierre précieuse alors que la structure qui le supporte fait office d’aérateur. »

Frédéric Soubirou se souvient que « c’est la première fois chez Citroën que l’on met l’accent sur cette notion de luxe ! » La Revolte a-t-elle pour autant été facile à dessiner ? « Pour la Revolte, j’ai travaillé en élévation, comme a été travaillée la 2CV. Et j’ai en mémoire la 2CV Charleston, la plus classe des 2CV avec sa fameuse découpe de peinture latérale. C’est la ligne directrice. Ensuite, j’amène les ailes en épaisseur pour le côté dynamique. »

Deux étapes de la réalisation du concept-car : la maquette en mousse au fond et une autre, toujours pleine, pour valider le style.

Même si la genèse d’un concept-car compacte le temps d’études par rapport à un véhicule de série, les designers externes au projet ont le temps de le voir évoluer dans le studio de style. « La Revolte va scinder le studio en deux » se souvient Frédéric. « Il y a ceux qui adhèrent et ceux qui crient au sacrilège ! Certains, et pas forcément les plus anciens, disent que la 2CV, ce n’est pas ça. Mais nous, nous avons repris l’esprit du style, pas l’esprit rural de la 2CV. C’était une démarche volontariste et c’était assez dur de porter cet engagement au départ mais ensuite, la voiture a fait l’unanimité. » On découvrira en octobre lors de la révélation de la 2CV, si le côté populaire sera plus appropriable que le luxe de la Revolte !

Et pour Soubirou, ces collègues qui n’adhèrent pas, c’est difficile à vivre ? « Non, je suis vraiment dans une dynamique où je fonce mais c’est vrai que je n’ai pas respecté la 2CV dans son aspect spartiate. Mais je l’assume totalement ! » La Revolte déchire les frontières de la voiture de luxe et impose sa vision de cet univers cher à la culture française, dans un format riquiqui, et se drape d’un design qui bombarde le chaland de clins d’œil à l’histoire de la marque. On retrouve effectivement la Deuche sur ses flancs, ses ailes, mais aussi la DS avec le pied de pare-brise flottant ou encore la SM avec une verrière à l’avant qui n’englobe pas les optiques, mais la calandre.

En 2009, la DS Révolte accompagne le lancement de la ligne “Citroën DS” inaugurée avec la DS3. Cinq ans plus tard, DS Automobiles deviendra une marque à part entière…

Bref, il faut du temps pour digérer tout ce que cet hybride veut passer comme messages. Le responsable des concept-cars de l’époque, Carlo Bonzanigo nous confirmait en 2009 que « ce concept-car est une révolte sur tous les fronts ! C’est une voiture avec laquelle nous avons voulu prendre le contre-pied de tout ce qui existe, que ce soit au niveau du concept, de l’utilisation des matériaux, du placement du produit. C’est un refus de l’ennui, du conventionnel. C’est clairement un projet ancré dans l’univers du luxe qu’elle va chercher dans les références de la cosmétique, de la mode ou encore de la joaillerie. Voilà, c’est le terme, la Revolte est un vrai bijou urbain ! » De 2009 à 2026, la vision de la Deuche du futur aura bien changé !

POUR LE FUN !
Que donnerait la fusion entre le VRAI concept-car de 2009 et la PROJECTION VIRTUELLE qu’on se fait de la future 2CV, qui elle est totalement subjective ? Voilà une réponse qui n’a rien à voir avec la future 2CV mais qui nous plait bien ! Ce document n’est évidemment pas officiel !

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