Limousine du futur : Renault remporte son duel face à Mercedes !

LIGNES/auto vous parle d’un temps que les moins de 20 ans vont connaître : celui de la limousine du futur. Si ce futur veut bien d’elle. Il semblerait que ce soit le cas puisque les grands constructeurs se penchent sur son avenir ! Mercedes vient d’en dévoiler sa vision, avec sa Vision EQS, sorte de Classe S électrique des années 2030. Renault l’a fait voici un an avec son concept-car EZ-Ultimo, sorte de… Talisman ultime du futur, 100 % électrique également.

Pas de calandre sur la Renault, une proue dessinée de lignes verticales, des roues sorties du volume général et un vitrage plus restreint…

Les deux protagonistes ambitionnent de proposer aux visiteurs (et clients) de demain leur vision à un horizon à peu près identique : les années 2030-2035.

Mercedes-Benz VISION EQS

Pour autant, les deux concepts sont très différents dans leur approche : la Renault fait clairement table rase des fondamentaux automobiles d’aujourd’hui alors que Mercedes reste ancrée dans l’univers automobile : sa voiture ressemble à une limousine contemporaine et, même si elle est électrique, elle met en avant des stéréotypes, avec notamment le bleu électrique (partout, partout) dont il va bien falloir se passer un jour sur nos voitures électriques avant d’en faire une… jaunisse !

La Mercedes conserve une calandre statutaire bien qu’elle n’ait plus beaucoup d’intérêt technique…

A bord de la Mercedes, vous pouvez prendre le volant. C’est à dire que le concept Vision EQS n’est pas uniquement piloté par le niveau 5 de la réglementation des voitures autonomes où la voiture prend les commandes. Renault a fait le choix inverse, et bascule dans cet univers où le pilotage (ou même la simple conduite) n’est pas la principale occupation des passagers. Un choix qui fera hurler les puristes, comme ils hurlèrent à la fin des V12, des V8 et même, à une autre époque, à celles des carburateurs. “Faut vivre avec son temps les amis“.

Le volume de la Mercedes est construit de lignes et volumes fluides et doux. Mais l’architecture reste celle d’une voiture actuelle. La Renault casse tous ces codes qui deviendront désuets dans les prochaines années.

Les plus objectifs de ces puristes nous feront remarquer que la Renault n’a pas d’ambition d’une mise en production, alors que la Mercedes devrait donner naissance tôt ou tard à la limousine 100 % électrique qui coiffera la nouvelle gamme EQ d’ici… quelques années. Une gamme synthétisée ci-dessous, de la berline compacte à la grande limousine.

Cela étant, le constructeur allemand annonce officiellement que cette grande berline est pensée pour répondre aux ambitions de “Mercedes-Benz de créer une flotte de voitures neuves neutre en CO2 d’ici à vingt ans.” En 2040 donc. En imaginant que la EQS débarque bien avant (2025 ?), elle ne serait pas éloignée de la période pour laquelle a également été conçue la Renault EZ-Ultimo…

La EQS conserve des ouvrants relativement classiques car l’habitacle l’est tout autant. La Renault fait le spectacle car on entre à bord comme dans un véritable salon. Nous ne sommes plus dans une automobile…

Nous n’allons pas entrer dans une bataille de chiffres. Mais nous ouvrons le débat sur ce que l’on entend par “futur”. Il n’est visiblement pas le même pour tous. Certains constructeurs, comme Mercedes, restent profondément ancrés dans les fondamentaux automobiles, tels qu’on les connait aujourd’hui : un capot, des sièges implantés face à la route, des portes classiques, etc. et dessine une voiture du futur qui ressemble à une… voiture. Et ce, afin de répondre au client de demain qui n’est pas encore prêt à basculer dans le monde d’une EZ-Ultimo. Il veut bien de l’électrique, à condition que le “conditionnement” – sa carrosserie – soit identique à SA voiture actuelle. Step by step…

Les codes de la berline sont présents sur la Mercedes (volumes, vitrages, portières, etc.) De l’automobile, la Renault ne conserve que les roues !

Renault n’hésite pas au contraire à faire table rase du présent et imagine que le niveau 5 de la voiture autonome (vous lâchez le guidon !) sera bien présent en 2035. Les sièges sont alors disposés comme dans votre salon et la voiture n’a plus du tout la configuration de celle que l’on connaît actuellement :
– Pourquoi des vitres partout puisque l’on visionne des films à bord ?
– Pourquoi un capot puisque le moteur électrique est compact et implanté sur les trains roulants ?
– Pourquoi des portes, puisqu’on accède par une seule et gigantesque ouverture latérale ?
– Pourquoi même avoir conservé des phares puisque la voiture autonome de demain aura ses lidars, radars, capteurs, caméra infrarouge, etc ?

Même si le design de la Mercedes Vision EQS est plutôt inédit pour le constructeur – nous évoquons ici le thème monovolume “One Flow” vanté par le constructeur -, il reste dans les codes de l’automobile de 2020. Et 2020, ce n’est pas 2040, c’est demain. Les constructeurs ne cessent de nous informer sur la mutation automobile en pleine accélération, et voici que la Vision EQS, très fluide et parfaitement équilibrée, demeure désespérément une berline d’aujourd’hui.

La vidéo de présentation de la Mercedes EQS

La video de présentation de la Renault Ultimo

C’est bien sûr à bord que la différence entre les deux véhicules est flagrante. Si la Renault EZ-ULTIMO est tournée vers un avenir que l’on peine à toucher du doigt, la Mercedes est réconfortante avec ses sièges, sa console centrale et même sa planche de bord. Mais cet habitacle emprunte des codes trop actuels. A bord de la Renault, vous n’êtes tout simplement plus dans une automobile. Et ça, c’est l’avenir, le rêve. Qu’il plaise ou non. LIGNES/auto assume ne pas faire partie des amoureux du concept-car Renault, mais il a été pensé autour d’une réflexion sur un futur – certes déstabilisant -, mais finalement plus crédible, où les barrières sont tombées et où les designers peaufinent notre environnement pour la mobilité de demain.

Lorsque les grands designers de ce monde, dans les années 1960 et 1970, enfantaient les “dream-cars” qui nous ont fait rêver, ils n’agissaient pas autrement. On entrait par le pare-brise dans la Stratos Zero de Gandini, on basculait aux commandes d’une soucoupe volante dans la Modulo de Paolo Martin… La seule et énorme différence, c’est la nécessité d’accélérer les recherches architecturales et technologiques pour enfanter aujourd’hui une mobilité durable et en phase avec son temps. Les Gandini et autres Giugiaro ou Martin n’avaient pas ce genre de préoccupations…

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