A l’occasion des essais de la DS3 Crossback, relisez l’interview de Thierry Metroz FRENCH/ENGLISH

 

English translation at the end of the post

Interview de Thierry Métroz (*), directeur du design de la marque DS au sein du groupe PSA.

(*) Thierry Métroz a été designer Renault et fut sur la liste des prétendants à la succession de Patrick Le Quément en 2009.
Il a rejoint cette année-là Jean-Pierre Ploué chez PSA pour être nommé directeur du style Citroën avant de prendre la direction du style de la “ligne” Citroën-DS un an après.
Il est tout naturellement devenu le patron du design de la marque DS à la naissance de cette dernière, en 2014.

Nous avions rencontré Thierry Métroz à cette occasion. A l’époque déjà, il traçait les grandes lignes de l’identité de cette marque nouvellement créée.
“Notre ambition est qu’elle porte les valeurs du luxe à la française partout dans le monde” nous disait-il alors en dévoilant le concept-car Divine (ci-dessous)

Nous le retrouvons quatre ans plus tard, à l’occasion du Mondial de l’automobile en ce début du mois d’octobre pour une rencontre à (presque) mi-parcourt de la révélation du plan produit imaginé pour cette seconde renaissance de la marque DS. Après la DS7 Crossback, c’est au tour de la “petite” DS3 Crossback (ci-dessous) d’être révélée.
En attendant la suite…

LIGNES/auto : DS3 Crossback a été présentée au Mondial de Paris mais avant cela, elle l’a été dans votre tout nouveau studio de design. Parlez-nous en !
Thierry Métroz : C’est quelque chose que je voulais voir aboutir depuis longtemps. Parce qu’il y a une chose qui est importante pour aller au bout de la qualité intrinsèque de chaque individu, de chaque modeleur numérique ou designer, c’est d’avoir un mode d’organisation un peu avant-gardiste. Alors oui, notre studio ce design est sans doute différent de tous ceux qui existent sur la planète !

Différent dans quelle mesure ?
Th.M. : Nous sommes un peu structurés comme une Start-Up ! C’est différent des deux autres studios de l’ADN (Peugeot et Citroën NDA) par son implantation notamment.
On a profité de l’opportunité d’un espace qui se libérait pour concrétiser ce studio qui a été terminé un peu avant l’été. En fait, nous l’avons en quelque sorte inauguré au moment de la révélation de DS3 Crossback.


Les deux derniers concept-cars de DS : au fond, l’E-TENSE et au premier plan, la maquette de la X E-TENSE.

C’est une organisation nouvelle pour un bureau de design ?
Th.M. : Nous devons être les seuls à être structuré ainsi. Nous avons toutes les équipes sur un même plateau : les designers « exter » et « inter » mais aussi ce qu’on appelle le « lighting » (optiques et feux, etc), les designers couleurs et matières sans oublier les modeleurs ‘numérique’. Les échanges sont facilités et surtout, rapides. C’est incroyablement efficace.

Combien de personnes travaillent sur ce plateau ?
Th.M. : Nous avons un effectif global d’une soixantaine de personnes maximum, avec comme créatifs purs, une vingtaine de designers inter, exter et lighting (ci-dessous, DS E-TENSE).

Avez-vous d’autres « outils » que ce seul plateau ?
Th.M. : Nous avons une salle de maquettage qu’on appelle la « digital room ». C’est une immense salle de réalité virtuelle pour réaliser notre travail de modelage numérique, un endroit magique où nous pouvons visualiser nos travaux en 3D sur un gigantesque écran ! Cette salle est dédiée à la marque DS.


La réalisation du concept-car DS X E-TENSE a été effectuée en un temps record !

À vous écouter, vous concevez vos produits principalement via le numérique !
Th.M. : Je pense que nous sommes parmi les leaders à ce niveau. Je dirais qu’au style, nous réalisons 80 % du développement d’un nouveau produit en numérique.

Ce nouveau studio de design DS peut-il servir de laboratoire pour les deux autres marques ?
Th.M. : Cette organisation est propre à DS et surtout, adaptée à DS. C’est une équipe compacte, plus réduite que celles des autres marques du groupe, ce qui est logique si vous comparez l’étendue des différentes gammes. La direction l’a annoncé : DS va lancer six véhicules d’ici 2022. Deux sont déjà dévoilés avec DS7 Crossback et DS3 Crossback. Nous sommes donc logiquement dimensionnés pour ces programmes…

Le choix du thème de design se concrétise-t-il en numérique ou par le biais d’une maquette physique ?
Th.M. : Comme je vous l’ai dit, nous sommes très efficaces pour travailler nos projets en numérique mais évidemment, au final, nous ‘fraisons’ des maquettes échelle 1. Mais celles-ci ne sont pas réalisées en vue du choix du thème de style qui, lui, est fait en numérique. Les maquettes échelle 1 sont là pour optimiser la mise au point du style retenu.


Thierry Métroz sur le terrain. A droite, Frédéric Soubirou à qui l’on doit l’origine du design DS puisqu’il a dessiné la DS3 !

S’il y a une grosse boulette lors du choix en numérique, vous n’avez donc plus le temps de conception nécessaire pour remettre tout d’aplomb ?
Th.M. : Il n’y a pas de grosse boulette ! On sécurise tout à chaque étape de la gestation du produit. La grosse boulette ne pourrait concerner que les proportions mais ce domaine, nous le maîtrisons parfaitement en numérique. Lors des premières phases de développement en digital, nous réalisons quand même des maquettes en mousse, hyper précises et très rapides à fraiser. Elles nous permettent de valider les grandes masses, les proportions. Une grosse boulette, ce serait lorsqu’on travaille dans la zone des 3 à 4 centimètres !
Avec nos maquettes échelle 1, on travaille uniquement sur la mise au point du style, dans une fourchette qui n’excède jamais le centimètre.

Avoir pu bénéficier de la nouvelle plateforme CMP, est-ce une chance pour DS ?
Th.M. : Ce que nous avons vécu au lancement du programme de la DS3 Crossback est assez rare : faire coïncider le développement d’une nouvelle plateforme avec le lancement d’un nouveau produit. C’est vraiment génial pour les designers ! Lorsque nous avons commencé nos travaux sur DS3 Crossback à la fin de l’année 2014, la conception de la plateforme venait d’être lancée. Nous avons pu faire les premières itérations d’avance de style avec cette nouvelle base technique.


Les dessous de la DS3 Crossback. Cette plateforme est capable d’accueillir de très grandes roues pour améliorer le design des silhouettes qui l’habilleront.

Un hasard du calendrier finalement ?
Th.M. : Non, car il était acté bien avant que DS serait la marque qui allait lancer cette plateforme. Nous avons eu la chance ainsi de pouvoir travailler avec les équipes de l’ingénierie sur la conception même de la CMP.

Comment le design interagit avec les décideurs de la technique ?
Th.M. : Nous les avons challengés et ils nous ont suivi sur notre volonté d’avoir les plus grandes roues du segment : jusqu’à 690 mm, ce n’est pas rien. Nous voulions aussi des voies les plus larges possibles et pouvoir bâtir sur cette CMP un style avec un capot long, des porte-à-faux courts, etc.

Au sein du groupe PSA, chaque marque a trouvé -ou va le faire assez vite (je pense à Opel)- sa propre identité. Quelle est celle de DS ?
Th.M. : La différenciation entre nos marques au sein du groupe relève du travail de Jean-Pierre Ploué. C’est une partie de son job de s’assurer que malgré le fait que, comme dans tous les grands groupes automobiles nous partageons des plateformes et des composants communs, l’identité des produits Citroën, Peugeot ou DS évoque des territoires totalement différents.


Si vous ne l’avez pas encore remarqué, le logo DS est constitué de “chevrons”, un seul pour la lettre “D” et deux superposés pour la lettre “S”.
Si le nom de Citroën n’apparaît évidemment plus sur les carrosseries des DS, l’esprit des chevrons reste bien présent !

Chez Peugeot, on parle d’émotions, d’efficience, de dynamisme. Et chez DS, quels mots utilisez-vous ?
Th.M. : Chez DS, ce n’est pas compliqué : il y en a deux auxquels j’ajouterai une ambition. Ces mots sont : technologie et raffinement. Pour le premier, nous voulons porter les meilleures technologies disponibles dans le groupe. Nous avons aussi la capacité de développer des technologies propres à la marque DS au sein du groupe, d’avoir des composants ou modules spécifiques.

C’est-à-dire ?
Th.M. : Je prends un exemple qui va avoir un impact fort sur le grand public : ce sont les poignées de portes affleurantes de la DS3 Crossback. C’est une demande conjointe du produit et du style pour apporter une modernité affirmée. Côté style, c’est fabuleux car on enfante un flanc extrêmement simple, ça rend le design lisse et renforce jusqu’à la qualité perçue.
Et puis il y a le côté magique avec ce cérémonial fabuleux lorsqu’on s’approche de la voiture et que les poignées émergent. Ça fait partie de la magie.

Vous allez vous faire chiper l’idée par vos amis de Peugeot et Citroën !
Th.M. : Non, c’est typiquement un module propre à la marque DS. Nous nous sommes battus pour ça. Alors oui, ça coûte évidemment plus cher que des poignées classiques parce que cela implique un développement plus long. Nous avons pu cependant l’intégrer assez tôt dans le développement de la DS3 Crossback.

Même idée pour le module d’éclairage Matrix ?
Th.M. : Oui, ce deuxième module est là aussi spécifique à la marque DS. Il a fait partie du cahier des charges ‘produit’ et nous en avons eu connaissance dès le début de nos travaux afin de l’intégrer au mieux. L’éclairage Matrix, ce n’est pas que du style ou de la technique. C’est une prestation extraordinaire pour le client car la voiture pilote le projecteur… Vous pouvez toujours rouler en plein phares et le système gère automatiquement le réglage pour ne pas éblouir une voiture venant en face ou circulant devant vous. C’est vraiment bluffant !

Vous évoquiez également le mot de raffinement pour l’identité de la marque DS…
Th.M. : Le raffinement rejoint l’ambition de la marque qui est d’incarner dans le monde automobile, le savoir-faire du luxe français. C’est assurément l’un des ingrédients pour arriver à se différencier du ‘premium’ allemand. C’est cette expression du luxe français que l’on retrouve notamment dans nos intérieurs (ci-dessous, la planche de bord de la DS3 Crossback).

Revenons aux débuts de la marque DS : le concept-car Divine demeure-t-il le jalon fort du design de la marque ?
Th.M. : Oui, sans conteste. Nous l’avons présenté en 2014 en même temps que le groupe annonçait la naissance de DS. C’est le concept-car fondateur de la marque.


Le designer Damien Fressard est l’auteur du style du concept-car Divine de 2014, fondateur de la marque DS.
Le dessin de ses optiques et de ses feux se retrouve aujourd’hui sur DS7 Crossback. A noter que le coupé Divine n’a pas de lunette arrière.

À l’époque, la gamme c’était DS3, DS4 et DS5 : ça explique que vos concept-cars très avant-gardistes (E-TENSE, X E-TENSE) ne pouvaient pas s’appuyer sur des modèles futurs encore non définis ?
Th.M. : Non. Pour nous, un concept-car de DS3 Crossback deux ans avant sa sortie n’avait aucun sens. Ce type de présentation ne nous intéresse pas franchement, ce n’est pas notre stratégie ni notre philosophie.


En juillet 2014, alors que la marque DS prend son envol avec le concept-car Divine, Thierry Métroz est entouré de son commando !
De gauche à droite : Vincent Lobry (couleurs et matières), Bertrand Dantec (gamme style DS), Thierry Métroz (directeur design DS), Damien Fressard (designer de la DS Divine) et Frédéric Soubirou (directeur style extérieur DS). PHOTO : Christophe AUBRY.

Vous poussez les curseurs très en avant avec la DS X E-TENSE. Demain, présenterez-vous des concepts plus rationnels et en phase avec la prochaine gamme DS ?
Th.M. : Nos concept-cars sont évidemment l’expression du style de la marque et sont des accélérateurs d’évolutions. Nous n’avons pas de contrainte à respecter, nous avons carte blanche. Nous sommes plus dans l’univers des dream-cars. Mais ne vous y trompez pas, il y a une chose à laquelle nous sommes très attachés : chaque concept nourrit un véhicule de série.

Ce n’est pas flagrant lorsqu’on voit la DS3 Crossback ?
Th.M. : Quand vous regardez la planche de bord de DS3 Crossback, vous retrouvez le thème déjà vu sur le concept E-TENSE avec l’intégration de notre trame DS. Avec E-TENSE, nous avions créé un coupé et ce concept d’architecture parle à tout le monde ! Sur un concept-car, ce sont les ingrédients de style – comme la calandre, les optiques, les feux – qui sont connectés aux véhicules de série et qui les nourrissent en direct. Le concept E-TENSE a été présenté en 2016 mais dessiné en 2015. C’est la période pendant laquelle on dessinait par ailleurs la DS3 Crossback et E-TENSE a naturellement nourri son design.


Le concept-car E-TENSE, deux ans après Divine, emprunte les codes du coupé.
Il a été dessiné en même temps que débutaient les travaux sur le style de la DS3 Crossback.

Cette stratégie des concept-cars très futuristes est-elle pérenne dès lors qu’aujourd’hui, vous avez une vision claire de votre future gamme à six modèles ?
Th.M. : On peut imaginer qu’on fasse des réglages par la suite, pourquoi pas. C’est vrai qu’avec DS X E-TENSE on a poussé les curseurs très loin, notamment sur l’aspect de la voiture autonome.

Elle vous inquiète cette voiture électrique, autonome et connectée ?
Th.M. : Ce qui me traumatise en ce moment, c’est cette espèce de pensée unique, « d’Appelisation » du design. Certains constructeurs qui imaginent le futur autonome ou électrique perdent leur identité de marque. Ils enfantent des objets sans caractère, complétement insipides. Il ne faut jamais perdre la notion d’émotion en automobile ! Notre DS X E-TENSE est tout l’inverse de ces concepts stéréotypés. Son côté démonstratif est intense : il y a un côté « Wahooo » lorsque vous la découvrez ! Vous ne vous retrouvez pas devant une machine à laver ou une cabine de téléphérique !

Donc, pas de crainte pour le designer face à l’arrivée des voitures électriques, autonomes et connectées ?
Th.M. : Je reste persuadé au contraire que l’arrivée des plateformes dédiées à l’électrique va offrir bien plus de liberté de style en réduisant les contraintes d’architectures classiques. Mais il est vrai que les concept-cars de certains constructeurs ne reflètent pas encore cette liberté. Ça m’affole même !

Nous serions dans une phase de transition dans la mutation annoncée ?
Th.M. : Oui, et ça se comprend. Ces voitures que j’évoque ont été réalisées dans l’urgence et ça se voit. Elles ont été parfois conçues sur des plateformes ou des éléments de plateformes existants. Voire, en électrifiant des modèles thermiques. La priorité dans leur cas était d’être présent sur le marché du full électrique.


Ci-dessus, la version 100% électrique de la DS3 Crossback (E-TENSE) commercialisée dans un an.

Il y aura donc une suite à cette génération conçue dans l’urgence ?
Th.M. : Oui, il va y avoir une deuxième génération. Il faut sans doute laisser les programmes mûrir encore quatre à cinq ans. Cette prochaine génération de full électrique sera plus mature, plus réfléchie et intégrera les toutes dernières technologies. Et c’est là que vous découvrirez une vraie rupture en termes de style et d’architecture.

Revenons pour finir à votre gamme future. Ce qu’on en voit aujourd’hui, ce sont deux SUV alors que le nom même de votre marque fait référence à une berline iconique…
Th.M. : Aujourd’hui, vous n’êtes pas sans avoir remarqué que les SUV sont une solide tendance, même si nous, constructeurs, nous pensons déjà à l’après SUV. Mais bien sûr qu’il y aura une berline DS dans la gamme parce qu’il FAUT en avoir une. Une berline super élégante, très technologique… Tous les clients dans le monde ne se ruent pas uniquement sur les SUV ! Il y a encore des clients pour une belle berline, basse, dynamique et fluide, ne serait-ce que pour le confort.


Le concept-car “Citroën” DS Numéro 9 de 2012 était déjà, deux ans plus tard, en voie d’obsolescence.
Mais on peut imaginer aujourd’hui avec les nouveaux codes du design DS ce que pourra être la future berline DS numéro… Numéro combien au fait ?

Qui aura la priorité de révélation de sa berline : Citroën ou DS ?
Th.M. : Au sein du groupe PSA, il n’y a pas eu de censure, de dire que si DS fait une berline, Citroën n’en fait pas ou l’inverse. La juste réponse est de dire que nous ferons différemment !

Propos recueillis par Christophe Bonnaud au Mondial de l’automobile.


A quoi ressemblera la future berline DS ? Elle fait partie des quatre modèles encore secrets que doit dévoiler la marque d’ici à 2022 avec très certainement une compacte et/ou un SUV (DS4/DS4 Crossback) pour combler le gouffre entre DS3 Crossback et DS7 Crossback…

ENGLISH VERSION

Interview with Thierry Métroz (*), design director of the DS brand within the PSA group.

(*) Thierry Métroz was a Renault designer and was on the list of candidates for Patrick Le Quément’s succession in 2009.
That year, he joined Jean-Pierre Ploué at PSA to be appointed Citroën style director before taking over the direction of the Citroën-DS “line” style a year later.
He naturally became the design boss of the DS brand when it was born in 2014.

We met Thierry Metroz on that occasion. At the time, he was already outlining the identity of this newly created brand.
“Our ambition is that it should carry the values of French luxury everywhere in the world” he told us then by unveiling the Divine concept car (below)

We meet him four years later, on the occasion of the Paris Motor Show at the beginning of 2018 October for a meeting at the (almost) halfway point of the revelation of the product plan designed for this second renaissance of the DS brand. After the DS7 Crossback, it’s the turn of the “little” DS3 Crossback (below) to be revealed. While waiting for the next step….

LIGNES/auto : DS3 Crossback was presented at the 2018 Paris Motor Show but before that, it was presented in your brand new design studio. Tell us about it !
Thierry Métroz : “It’s something I’ve wanted to see happen for a long time. Because one thing that is important to go to the end of the intrinsic quality of each individual, each digital modeller or designer, is to have a somewhat avant-garde organizational mode. So yes, our studio this design is probably different from all those that exist on the planet !”

Different to what extent ?
Th.M. : “We are a bit structured like a Start-Up ! It is different from the other two DNA studios (Peugeot and Citroën NDA) in particular because of its location. We took advantage of the opportunity of a space that was free to make this studio a reality. It was completed just before the summer. In fact, we kind of inaugurated it at the time of the DS3 Crossback revelation”.


The last two DS concept cars: in the background, the E-TENSE and in the foreground, the model of the X E-TENSE.

Is this a new organization for a design office ?
Th.M. : “We must be the only ones to be structured in this way. We have all the teams on the same stage : the “external” and “inter” designers but also what is called “lighting” (optics and lights, etc.), the color and material designers without forgetting the “digital” modelers. Exchanges are facilitated and above all, fast. It’s incredibly effective.”

How many people work on this set ?
Th.M. : “We have a global staff of about sixty people maximum, with as pure creative, about twenty inter, exter and lighting designers (below, DS E-TENSE).”

Do you have any other “tools” than this single tray ?
Th.M. : “We have a modeling room called the “digital room”. It’s a huge virtual reality room to do our digital modelling work, a magical place where we can visualize our work in 3D on a huge screen ! This room is dedicated to the DS brand.”

Listening to you, you design your products mainly via digital !
Th.M. : “I think we are among the leaders at this level. I would say that in terms of style, we achieve 80% of the development of a new digital product.”

Can this new DS design studio be used as a laboratory for the other two brands ?
Th.M. : “This organization is specific to DS and, above all, adapted to DS. It is a compact team, smaller than those of the other brands in the group, which is logical if you compare the scope of the different ranges. Management has announced it: DS will launch six vehicles by 2022. Two are already unveiled with DS7 Crossback and DS3 Crossback. We are therefore logically sized for these programs….”

Does the choice of design theme take place digitally or through a physical model ?
Th.M. : “As I told you, we are very efficient at working on our projects in digital, but obviously, in the end, we’re milling scale 1 models. But these are not carried out in view of the choice of the style theme, which is done digitally. The scale 1 models are there to optimize the development of the chosen style.”


Thierry Métroz in the field. On the right, Frédéric Soubirou to whom we owe the origin of the DS design since he designed the DS3 !

If there is a big dumpling when choosing a digital project, you no longer have the design time to get everything back on track ?
Th.M. : “There is no such thing as a big dumpling ! Everything is secured at every stage of the product’s gestation. The big dumpling could only concern the proportions, but we have a perfect command of this field in digital technology. During the first phases of digital development, we still produce foam models, which are very precise and very fast to mill. They allow us to validate the large masses, the proportions. A big dumpling would be when you work in the 3 to 4 centimeter zone! With our scale 1 models, we only work on the development of the style, in a range that never exceeds one centimeter.”

Is it an opportunity for DS to have benefited from the new CMP platform ?
Th.M. : ” What we experienced at the launch of the DS3 Crossback program is quite rare: aligning the development of a new platform with the launch of a new product. It’s really great for designers! When we started work on DS3 Crossback at the end of 2014, the platform design had just been launched. We were able to do the first iterations in advance of style with this new technical base.”

The underside of the DS3 Crossback. This platform is capable of accommodating very large wheels to improve the design of the silhouettes that will dress it.

A coincidence of the calendar after all ?
Th.M. : “No, because it was recorded long before DS would be the brand that would launch this platform. We were fortunate enough to be able to work with the engineering teams on the design of the CMP itself.”

How does design interact with technical decision-makers ?
Th.M. : ‘We challenged them and they followed us on our desire to have the largest wheels in the segment: up to 690 mm, that’s not nothing.”

Within the PSA group, each brand has found – or will soon do so (I am thinking of Opel) – its own identity. What is DS’ ?
Th.M. : “The differentiation between our brands within the group is the work of Jean-Pierre Ploué. It is part of his job to ensure that, despite the fact that, as in all major automotive groups, we share common platforms and components, the identity of Citroën, Peugeot and DS products evokes totally different territories.”


If you have not yet noticed, the DS logo consists of “chevrons”, only one for the letter “D” and two overlays for the letter “S”.
While the Citroën name obviously no longer appears on the DS’ bodies, the spirit of the chevrons remains very much alive!

At Peugeot, we talk about emotions, efficiency and dynamism. And at DS, what words do you use ?
Th.M. : “At DS, it’s not complicated: there are two to which I would add an ambition. These words are : technology and refinement. For the first, we want to bring the best technologies available in the group. We also have the ability to develop technologies specific to the DS brand within the group, to have specific components or modules.”

What do you mean ?
Th.M. : “Let me take an example that will have a strong impact on the general public: these are the DS3 Crossback’s flush door handles. It is a joint demand of the product and style to bring an asserted modernity. In terms of style, it’s fabulous because you give birth to an extremely simple flank, it makes the design smooth and reinforces it up to the perceived quality. And then there’s the magic side with this fabulous ceremony when you approach the car and the handles emerge. It’s part of the magic.”

You’re going to get the idea from your friends at Peugeot and Citroën !
Th.M. : “No, it is typically a module specific to the DS brand. We fought for that. So yes, it obviously costs more than conventional handles because it involves a longer development time. However, we were able to integrate it early on in the development of the DS3 Crossback.”

Same idea for the Matrix lighting module ? 
Th.M. :”Yes, this second module is also specific to the DS brand. It was part of the ‘product’ specifications and we were aware of it from the beginning of our work in order to integrate it as well as possible. Matrix lighting is not just about style or technique. This is an extraordinary service for the customer because the car drives the headlamp… You can always drive with full headlights and the system automatically manages the setting so as not to dazzle a car coming in front of you or driving in front of you.
It’s really amazing !”

You also mentioned the word refinement for the identity of the DS brand….
Th.M. : “Refinement is in line with the brand’s ambition to embody the know-how of French luxury in the automotive world. It is certainly one of the ingredients to differentiate yourself from the German premium. It is this expression of French luxury that we find in our interiors (below, the dashboard of the DS3 Crossback).”

Let’s go back to the beginnings of the DS brand: does the Divine concept car remain the strong milestone in the brand’s design ?
Th.M. : “Yes, without a doubt. We presented it in 2014 at the same time as the group announced the birth of DS. This is the brand’s founding concept car.”


Designer Damien Fressard is the author of the style of the Divine concept car of 2014, founder of the DS brand.
The design of its optics and lights is now found on DS7 Crossback. Note that the Divine Coupe does not have a rear window.

At the time, the range was DS3, DS4 and DS5 : that explains why your very avant-garde concept cars (E-TENSE, X E-TENSE) could not be based on future models not yet defined ?
Th.M. : “No. For us, a DS3 Crossback concept car two years before its release made no sense. This type of presentation does not interest us frankly, it is not our strategy or our philosophy.”


In July 2014, as the DS brand took off with the Divine concept car, Thierry Metroz was surrounded by his commando!
From left to right: Vincent Lobry (colours and materials), Bertrand Dantec (DS style range), Thierry Métroz (DS design director), Damien Fressard (DS Divine designer) and Frédéric Soubirou (DS exterior style director). PHOTO: Christophe AUBRY.

You push the sliders very far forward with the DS X E-TENSE. Tomorrow, will you present more rational concepts in line with the next DS range ?
Th.M. : “Our concept cars are obviously the expression of the brand’s style and are accelerators of evolution. We have no constraints to respect, we have carte blanche. We are more in the world of dream cars. But make no mistake, there is one thing we are very attached to : each concept feeds a production vehicle.”

Isn’t it obvious when you see the DS3 Crossback ?
Th.M. : “When you look at the DS3 Crossback dashboard, you will find the theme already seen on the E-TENSE concept with the integration of our DS frame. With E-TENSE, we created a coupé and this architectural concept speaks to everyone! In a concept car, it is the stylish ingredients – such as the grille, optics, lights – that are connected to the production vehicles and feed them directly. The E-TENSE concept was presented in 2016 but designed in 2015. This was the period during which the DS3 Crossback was designed and E-TENSE naturally fed into its design.”


The E-TENSE concept car, two years after Divine, borrows the codes of the coupé.
It was designed at the same time as work began on the DS3 Crossback’s style.

Is this strategy of very futuristic concept cars sustainable since today you have a clear vision of your future six-model range ?
Th.M. : “We can imagine that we will make adjustments later on, why not. It is true that with DS X E-TENSE we have pushed the sliders very far, especially on the appearance of the autonomous car.”

Are you worried about this electric, autonomous and connected car ?
Th.M. : “What is traumatizing me right now is this kind of unique thinking, “Appelisation” of design. Some manufacturers who imagine the autonomous or electric future lose their brand identity. They give birth to objects without character, completely insipid. You must never lose the notion of emotion in the car ! Our DS X E-TENSE is the complete opposite of these stereotypical concepts. Its demonstrative side is intense: there is a “Wahooo” side when you discover it ! You don’t find yourself in front of a washing machine or a cable car !”

So, no fear for the designer when faced with the arrival of electric, autonomous and connected cars ?
Th.M. : “On the contrary, I remain convinced that the arrival of platforms dedicated to electrical technology will offer much more freedom of style by reducing the constraints of traditional architectures. But it is true that the concept cars of some manufacturers do not yet reflect this freedom. It even freaks me out !”

We would be in a transitional phase in the announced mutation ?
Th.M. : “Yes, and that’s understandable. These cars I’m talking about were built in a hurry and it shows. They have sometimes been designed on existing platforms or platform elements. Or even by electrifying thermal models. The priority in their case was to be present in the full electric market.”

So there will be a follow-up to this generation conceived in a hurry ?
Th.M. : “Yes, there will be a second generation. We should probably let the programs mature for another four to five years. This next generation full electric vehicle will be more mature, more thoughtful and will incorporate the latest technologies. And it is there that you will discover a real breakthrough in terms of style and architecture.”

Let’s go back to your future range. What we see today are two SUVs, while the very name of your brand refers to an iconic sedan…
Th.M. : “Today, you have noticed that SUVs are a solid trend, even if we, as manufacturers, are already thinking about the post-SUV era. But of course there will be a DS sedan in the range because you MUST have one. A super elegant, highly technological sedan… Not every customer in the world rushes only on SUVs ! There are still customers for a beautiful sedan, low, dynamic and fluid, if only for comfort.”


The 2012 “Citroën” DS Number 9 concept car was already, two years later, in the process of becoming obsolete.
But today, with the new DS design codes, we can imagine what the future DS sedan will look like…. How many, by the way?

Who will have the priority of revealing his sedan: Citroën or DS ?
Th.M. : “Within the PSA group, there has been no censorship, to say that if DS makes a sedan, Citroën does not make one or the other way around. The right answer is to say that we will do it differently !”

Interview by Christophe Bonnaud at the 2018 Mondial de l’automobile.


What will the future DS sedan look like? It is one of the four models still secret that the brand must reveal by 2022 with most certainly a compact and/or an SUV (DS4/DS4 Crossback) to bridge the gap between DS3 Crossback and DS7 Crossback…

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