Les 10 concept-cars Citroën exposés à Rétromobile

A l’occasion de l’année de son centenaire, Citroën met les petits plats dans les grands à l’occasion du salon Rétromobile ( https://www.retromobile.fr ) du 6 au 10 février prochain.
Parmi les nombreuses manifestations qui auront lieu lors de cet événement, LIGNES/auto braque les projecteurs sur l’exposition de dix concept-cars de 1956 à 2016.
Les voici présentés par le constructeur lui-même 🙂
En gras, les commentaires de LIGNES/auto…

 

1956 : C10

En 1953, deux ans avant le lancement officiel de la DS, le bureau d’études de Citroën dirigé par l’ingénieur André Lefebvre se lance dans un programme ambitieux autour des prototypes C. Objectif : s’inspirer de l’aéronautique pour proposer une voiture aux qualités aérodynamiques inégalées, aussi légère que compacte, assise sur la mécanique de la 2 CV. Dernier projet élaboré dans le cadre de ce programme, la C10 verra le jour en 1956 avec sa forme en goutte d’eau parfaitement lisse, notamment grâce à ses phares intégrés dans la carrosserie en aluminium, matériau bien plus léger que l’acier. Son poids de seulement 382 kg se voit réparti davantage vers l’avant, son essieu arrière se révèle plus étroit qu’à l’avant et ses larges vitres latérales annoncent le style des monospaces. Des caractéristiques qui lui permettent d’afficher un Cx remarquable de 0,258 et une vitesse de pointe de 100 km/h avec une consommation modérée. Plus petite que la 2 CV, elle accueille aisément quatre personnes et leurs effets personnels. Très abouti, ce prototype a bien failli être produit en série mais le projet préfigurant l’Ami 6 lui sera finalement préféré.
Flaminio Bertoni n’a pas été consulté sur ce projet d’ingénieurs. Il prendra sa revanche avec l’Ami 6 dont il a toujours dit qu’elle était sa préférée…


1972 : 
Camargue

C’est au Salon automobile de Genève du printemps 1972 qu’est dévoilé cet incroyable prototype. Inspiré, de la GS lancée deux ans plus tôt, il en conserve de nombreuses caractéristiques techniques, notamment son moteur, sa direction et ses fameuses suspensions hydropneumatiques. En revanche, sur le plan du style, il marque une vraie rupture avec tous les précédents modèles de la Marque. Et pour cause ! Il s’agit ici de la première collaboration entre Citroën et la célèbre entreprise de carrosserie italienne Bertone. Cette dernière imprime immédiatement sa griffe, avec une bulle arrière largement vitrée, un pare-brise panoramique et un arceau renforçant son habitacle élancé. L’ensemble dégage un design d’une sportivité évidente. Les phares avant, très modernes pour l’époque, annoncent pour leur part ceux de la future BX. Car si Camargue n’inspire pas directement un modèle de série, elle constitue la première étape d’un rapprochement fructueux entre Bertone et Citroën, précisément pour BX mais également XM, ZX et Xantia.
Contrairement aux idées reçues, ce n’est pas Marcello Gandini qui a dessiné la Camargue mais le français Marc Deschamps lors de son premier passage chez le carrossier italien.

 

1980 : Karin

Quelques semaines seulement après avoir été nommé patron du style de Citroën, Trevor Fiore dévoile le prototype Karin au Salon de Paris de 1980. En plus de sa surprenante forme pyramidale, son intérieur présente la particularité de pouvoir accueillir trois personnes. Le siège du conducteur est placé au centre et légèrement plus avancé que les deux sièges passagers de part et d’autre. Les principales commandes sont placées au plus près de son volant, lui-même réglable, et le font ressembler à un joystick. Un ordinateur de bord permet au conducteur de connaître en permanence l’état de la route. A l’extérieur, ses phares avant rendent clairement hommage à ceux de la SM, lancée dix ans plus tôt. Karin préfigurera à sa manière les formes anguleuses de la future BX dessinée par Bertone qui sera tout à fait fonctionnelle grâce à son moteur 4 cylindres et ses suspensions hydropneumatiques.
Trevor Fiore ne restera à la tête du style Citroën que deux ans. En 1982, il est remplacé par Carl Olsen et fait un court passage au bureau de style avancé que Citroën avait alors implanté à Sophia Antipolis. C’est ici même, vers Nice, que Mercedes vient d’inaugurer un centre de design avancé avec à sa tête Alexandre Malval qui était jusqu’en novembre dernier patron du style… Citroën !


1988 : 
Activa 1

Présentée lors du Mondial de l’Automobile à l’automne 1988, le prototype Activa 1 propose un concentré d’innovations. Avec cette berline basse, Citroën prolonge ses recherches sur l’aérodynamisme en y ajoutant des avancées importantes sur le plaisir de la conduite.
La Marque accorde une place de plus en plus prépondérante à l’électronique embarquée : celle-ci contrôle ainsi la suspension hydractive et assiste le volant et les freins. A ces innovations s’ajoutent des portes à ouverture antagoniste, qui peuvent être activées grâce à une télécommande, quatre roues directrices et indépendantes ainsi qu’un système anti-patinage. A l’intérieur, les surprises continuent, avec l’affichage tête haute et plusieurs écrans délivrant les données de conduite et de comportement de la voiture. Séduisante à plus d’un titre, l’Activa 1 ne sera jamais produite en série mais fera souffler un vent nouveau sur l’innovation technologique selon Citroën, avec plusieurs traductions concrètes aussi bien dans la XM que dans la Xantia.
Si l’Activa 1 était un vrai prototype de rêve, l’Activa 2 née deux ans plus tard aurait pu être produite en série. Ce grand coupé a vu ses ailes coupées par Xavier Karcher alors numéro 2 qui a jugé le programme trop incertain pour être industrialisé. Dommage, la SM aurait eu une digne descendante.


1994 : Xanae

Rarement un concept-car aura autant permis d’appréhender les évolutions futures de l’automobile. Avec Xanae, dévoilé lors du Mondial de l’Automobile de 1994, le confort du conducteur et des passagers devient l’objet de toutes les attentions. D’ailleurs, ce monospace compact, premier du genre, se présente avant tout comme une prolongation naturelle de son salon, grâce à des portes à ouverture antagoniste sans montant central, les deux sièges avant pivotants et le siège arrière central doté d’un dossier rabattable, conçu pour se transformer en table. Les grands principes de la modularité actuelle se voient ainsi posés. Mieux, l’habitacle profite de larges surfaces vitrées, le pare-brise se prolongeant même sur une grande partie du toit. Enfin, tous les systèmes d’aide à la conduite sont aisément accessibles grâce à deux écrans LCD astucieusement positionnés dans l’habitacle. Avec sa mécanique empruntée à la Xantia, rien n’empêche ce prototype réaliste de devenir un véhicule de série. Mais les équipes de Citroën peaufinent leur projet et présentent en 1998 Xsara Picasso, commercialisé avec succès à partir de l’année suivante.
Xanae a certes annoncé le Picasso mais il est également à l’origine d’un procès retentissant avec le designer Antoine Volanis. Ce dernier qui avait à son actif les premiers dessins de l’Espace Matra avait proposé à Citroën un concept de monospace compact, très proche dit-on de Xanae. Citroën n’en a pas voulu mais le designer a attaqué en justice le constructeur français à la sortie du concept-car Xanae pour plagiat et, contre toute attente, a gagné le procès !

 

2000 : Osmose

Toujours à l’écoute des usages, Citroën propose au Mondial de l’Automobile de l’an 2000 un prototype très futuriste qui veut créer une nouvelle forme de relations entre automobilistes et piétons. Le projet ne consiste pas seulement à proposer un concept-car mais également à envisager un usage plus responsable de la voiture, pour une mobilité partagée. Avant son trajet, le conducteur affiche sa disponibilité et sa destination sur le panneau latéral droit. Il peut ainsi embarquer des passants sur son parcours. Les différents trajets, centralisés par ordinateur, peuvent même être consultés sur un téléphone WAP. Le prototype Osmose propose trois places à l’avant accessibles par des portes coulissantes, sachant que le conducteur est assis au centre et légèrement plus avancé que ses passagers. A l’arrière, un volet coulissant permet d’accéder à une banquette deux places sur laquelle les personnes s’assoient dos à la route. Sa forme cubique surprend, par sa hauteur et par sa face avant semblable à sa face arrière. Equipé d’un système audio et vidéo ainsi que d’un airbag piéton à l’avant, Osmose est encore doté d’un système de traction hybride nommé ZEV, pour Zero Emission Vehicle.
C’est le tout premier concept-car de l’ère Jean-Pierre Ploué chez Citroën, arrivé au design à la toute fin 1999. 

 

2006 : C-Métisse

Pourquoi opposer respect de l’environnement et hautes performances automobiles ? Sans hésiter, Citroën répond à cette question par la positive avec son prototype C-Métisse présenté en octobre 2006. A l’extérieur, il a l’allure racée et aérodynamique d’un vrai bolide, soulignée par le rouge flamboyant de sa carrosserie aux lignes pures, ses chevrons incrustés dans la calandre, son long capot et sa lunette arrière concave. Les portes ne s’ouvrent pas mais se relèvent de façon antagoniste pour laisser apparaître un intérieur luxueux, entre matières nobles et jeux de lumière. L’effet de surprise se prolonge sur le plan mécanique avec le système de traction hybride diesel de la C-Métisse : sous le capot avant, un V6 HDi de 208 ch se voit complété par deux moteurs électriques implantés dans chaque roue arrière pour une puissance ajoutée équivalent à 20 ch chacun. Résultat, la voiture peut atteindre les 250 km/h tout en maitrisant sa consommation et ses émissions polluantes !
Le dessin de ce fabuleux concept-car, là encore héritier de la SM, a été managé par Gilles Vidal qui a depuis pris la tête du design… Peugeot ! 

 

2008 : GTbyCitroën

Avec le concept car GTbyCitroën, Citroën réunit de manière originale le monde virtuel et la vie réelle. Issue du partenariat entre la Marque et le créateur du célèbre jeu vidéo de simulation de conduite automobile Gran Turismo 5, cette voiture sort littéralement de l’écran pour une réinterprétation grandeur nature d’une grande modernité. Son style à la fois élancé et musclé, associé à la teinte nacrée de la carrosserie l’inscrit sans hésitation dans le monde de la course automobile. Ses larges entrées d’air, ses projecteurs à leds bleus, ses rétroviseurs en carbone, son aileron arrière exagérément long et ses portes à ouverture en aile de mouette procurent le sentiment d’un mouvement perpétuel. Dans le cockpit, en plus des deux sièges matelassés recouverts de cuir sombre, les matières donnent un aspect cuivré à l’ensemble de l’habitacle. Et pour que le pilote puisse se concentrer sur la route, il dispose d’un système d’affichage tête haute. La conception et le design de ce bolide hors du commun lui ont valu d’être récompensé en 2008 par le Louis Vuitton Classic Concept Award.
Le dessin de la GTbyCitroën est dû au designer japonais Takumi Yamamoto. Allez vite au Festival International de l’Automobile fin janvier http://festivalautomobile.com  Takumi y expose sa nouvelle création : une sculpture automobile flamboyante réalisée en hommage à David Bowie (voir plus en avant dans les ‘posts’ publiés sur ce site toute la genèse de ce concept-car)

 

2011: Tubik

Clin d’œil au tout premier TUB (pour Traction Utilitaire Basse) sorti en 1939 et inspirateur de tous les utilitaires, dont il reprend le nom et l’aspect fourgon, le concept car Tubik fait sa première apparition publique au Salon de Francfort en septembre 2011. Là s’arrête la référence au passé, car le Tubik se présente comme un grand monospace intelligent, qui a pour ambition de redonner du sens au voyage. La sophistication et le confort ont clairement constitué les lignes directrices de ce prototype. Son coloris gris argent dissimule astucieusement une vaste vitre sans teint sur tout son flanc droit. Celui-ci se découvre d’ailleurs d’un seul tenant, faisant apparaître trois rangées de sièges modulables à l’envi. Seul le conducteur dispose d’une porte dédiée, côté gauche, qui s’ouvre en élytre : pour lui, Citroën a imaginé un « cyclotron », espace ultra-technologique qui regroupe le siège, le pédalier et le volant, au centre duquel se trouve écran avec l’ensemble des informations nécessaires à la navigation. Un second écran diffuse les images des caméras de recul.
Le concept-car le plus volumineux de ces dernières années ! Il a été managé par Thierry Métroz, alors patron du design Citroën avant de venir celui de la marque DS.

 


2016 : 
CXPERIENCE

Depuis sa création, la marque Citroën s’est toujours distinguée par sa capacité à réinventer sans cesse les codes de la berline haut de gamme. La dernière illustration de ce savoir-faire date de 2016, à travers le concept car CXperience. Cette grande berline basse aux lignes horizontales exprime l’esprit « Be different, feel good » tout en inspirant la puissance. L’essence du programme Citroën Advanced Comfort, qui intègre habitabilité, luminosité, ergonomie et connectivité, se voit ici mise en pratique. Sièges design enveloppants à mémoire de forme, volant monobranche, planche de bord et dossiers des sièges en noyer, éclairage d’ambiance, purificateur d’air, écran central tactile de 19’’, nouvelle application de partage « Share with U » pour partager ses fichiers entre passagers, chaîne de traction plug-in hybride… CXperience propose un concentré d’innovations au service d’une expérience de conduite ultime.
CXperience porte les gènes de la future grande berline Citroën. Son design a été managé par Alexandre Malval alors à la tête du design Citroën.

 

 

 

 

 

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