Concept DS Fever : les cendres du phœnix brûlent-elles encore ?

La marque DS Automobiles est née en 2014. Contrairement à l’oiseau phénix, elle n’a pas encore 500 ans. Pourtant, comme ce dernier qui s’enflamme dans son nid au moment où sa fin semble proche, avant de renaître plus vif et resplendissant de ses cendres, DS Automobiles va-t-elle ouvrir un nouveau chapitre de son existence ? Les cassandres suggéraient en mai dernier une mort certaine après l’annonce du retour de la marque dans le giron Citroën. DS démontre aujourd’hui que le phœnix veut renaître de ses cendres. Voici le concept-car DS Fever, annonciateur d’une potentielle DS N°3. Le premier E de son appellation se retourne pour suggérer le chiffre 3.

C’est certainement l’un des temps forts de ce Mondial : DS Automobiles est toujours bien vivant ! Mieux, la marque vient de présenter le concept Fever annonciateur de la DS N°3 basée sur la nouvelle plateforme STLA One, celle de la future Peugeot E-208 de 2027. Cette DS N°3 devrait débarquer sur le marché après sa cousine Peugeot et la révélation du Mondial de l’Auto fournit plusieurs messages…

Pour les amateurs de design, il y a celui d’un changement radical de langage formel. Nous allons y revenir plus bas. Et pour l’univers automobile, ce concept-car proche de la série est un manifeste d’une volonté réelle de retrouver le chemin de la croissance, avec un modèle qui reprend l’ADN de la toute première génération de DS3 de 2010, ci-dessous. Une génération qui a connu le succès commercial. C’est CE modèle-là qui peut relancer la marque sur les marchés européens.

Le concept est celui d’une berline dynamique, avec la possibilité d’une personnalisation portée à son paroxysme. La DS Fever adopte une chaîne de traction électrique et est conçue pour une grande autonomie. La preuve, la voiture a été allongée d’une dizaine de centimètres (empattement de 2,70 m) depuis le lancement du projet, afin d’y loger une batterie de plus grande capacité. Voilà donc de bonnes nouvelles après une annonce mal maîtrisée en mai dernier, lorsque Antonio Filosa a expliqué que la marque DS Automobiles allait être désormais “pilotée “par Citroën, sans aucune autre information !

En mai dernier, Stellantis annonce que la marque DS Automobiles revient dans le giron de Citroën. Certains imaginent que DS va être jetée en enfer. Le concept Fever les discréditent… Pour l’instant !

Évidemment, certains observateurs en ont déduit la disparation pure et simple de la jeune marque française, née en 2014. Il suffit pourtant de réfléchir aux impacts économiques qu’une telle disparition aurait engendrés. Quid de l’usine italienne qui compte sur les DS N°8 et DS N°7 pour sa survie ? Quid d’un réseau aujourd’hui très développé ? Et surtout, quid des investissements menés sur les DS N°8 et DS N°7 qui comptent également sur Lancia et d’autres pour être rentabilisés. Sans parler des livraisons des DS N°8 et DS N°7 en cours. Et évidemment, des femmes et hommes engagés pour cette marque. Tuer DS Automobiles coûterait sans doute bien plus cher que de laisser une chance à cette marque de revenir au combat.

C’est ce qu’elle annonce aujourd’hui. Et c’est le bon moment puisque le concept Fever dévoile la berline qui manque à la gamme. Celle des volumes (et profits ?) assurés ! Thierry Métroz, le directeur du design de DS Automobiles, annonce clairement que “DS FEVER est un concept exploratoire qui délivre notre vision d’une nouvelle DS compacte.” Avec cette berline, DS veut “bousculer nos propres codes et ceux du marché.” Cette vision de cette DS compacte est “plus exclusive, encore plus désirable et surtout, conçue pour le plus grand nombre.” Faut-il entendre par là que cette future DS N°3 serait plus accessible financièrement que la DS 3 actuelle ? Sans doute.

Thierry Métroz à gauche et le directeur de design extérieur de DS, Frédéric Soubirou, à droite lors de la genèse de la DS N°8.

Son design annonce un véritable changement de langage formel. Fini le travail des côtés de caisses extrêmement complexes, comme sur les DS N°4 et N°8. C’en est terminé des nuits blanches pour les emboutisseurs, pratiquement tous devenus chauves ! Place à la simplicité des volumes. Thierry Métroz revient sur un thème fort de la première génération de DS3 : la personnalisation. Avec Fever “l’équipe de Frédéric Soubirou a dessiné la voiture pour qu’elle soit ultra personnalisable, et a donc pensé aux différents découpages des éléments de carrosserie qui permettent d’offrir un terrain de jeu incroyable à cette personnalisation.” L’anneau qui fait le pourtour du pavillon sera la plus grand pièce à pouvoir être personnalisée à l’envi.

Une toute nouvelle signature lumineuse accompagne le “totem” vertical qui remplace les généreuses calandres des DS d’aujourd’hui.

La signature lumineuse frontale se simplifie avec un seul croc, alors que la calandre disparaît totalement, remplacée par un totem central que l’on retrouve à l’arrière. Le frontal intègre les assistances à la conduite (radar, lidar…) alors que son homologue arrière intègre des signaux lumineux. Les feux arrière reprennent le principe de la 3D mais ils sont ici traités avec encore plus de profondeur. On a l’impression qu’ils vont jusque dans la boîte à gants, ci-dessous ! L’effet est bluffant. Le modelé des ailes tout en subtilité rompt avec le langage formel des autres DS de la gamme. L’énorme bulle arrière qui déborde largement sur les ailes sera en série séparée en trois éléments. Un nouveau départ…

Les feux arrière multiplient les LED et l’effet 3D alors que la bulle coiffe le côté de caisse et intègre l’ouverture de la porte arrière : la DS N°3 sera une quatre portes + hayon.

La DS N°3 qui découlerait du concept Fever serait la première chez Stellantis à intégralement appliquer la nouvelle philosophie de “l’intelligence design”. Elle repose sur l’idée de concevoir la voiture avec un minimum de composants, c’est à dire un design simple, un nombre réduit de pièces et donc moins d’outils pour les fabriquer. Et moins de camions pour les transporter… avec des effets sur le poids et, important pour cette berline du segment premium, une qualité perçue meilleure avec moins d’ajustages.

Le “totem” arrière pourrait être retenu en grande série.

Le développement de Fever en DS N°3 pourra-t-il être mené dans la sérénité ? Nous ne vivons pas dans le monde de Oui-Oui. L’impact du retour de DS Automobiles au sein de l’entité Citroën a des conséquences sur les équipes. Contentons-nous d’aborder le seul domaine du design. Officiellement, Xavier Chardon a repris les commandes de la marque DS, en plus de celles de Citroën. Xavier Peugeot, jusqu’alors directeur de la marque DS laisse son bébé Fever et prend la direction de Jeep pour l’Europe. Côté design, officieusement, Sandeep Bhambra, le probable futur directeur du design Citroën (voir notre sujet ici : https://lignesauto.fr/?p=45952 ) prendrait également la direction du design de DS Automobiles. L’équipe de design de DS logée au centre du paquebot du Creative Center ADN – le grand centre de design situé à Vélizy – devrait donc déménager et rejoindre celle de Citroën un peu plus loin dans le bâtiment.

L’équipe de design de DS Automobiles va certainement délaisser le splendide studio de design au cœur de l’ADN (ici la conception de la DS N°8) pour rejoindre un peu plus loin le studio de Citroën…

Citroën va donc se retrouver avec deux responsables de style extérieur (Pierre Sabas chez Citroën, Frédéric Soubirou chez DS) et il en sera de même pour le style intérieur, pour l’avance de phase ou encore les concept-cars. Des interrogations demeurent donc très présentes en cette mi-octobre concernant cette réorganisation. Le patient DS Automobiles a semble-t-il été sauvé. Non sans quelques conséquences humaines. Les miracles n’existent pas dans l’univers automobile.

Dernière née de la gamme et commercialisée cette année, la DS N°7 est produite aux côtés de la grande berline DS N°8 en Italie. La DS N°7 est également fabriquée sur les lignes de la Lancia Gamma dans la même usine.
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